Invaincu sur terre battue cette année, Rafael Nadal aborde ce Roland Garros avec de l’ambition plein la tête. Le quadruple lauréat du tournoi n’a pas oublié son élimination précoce de l’année dernière face au Suédois Robin Söderling. Diminué par une blessure au genou, qui l’obligea ensuite à déclarer forfait à Wimbledon, gâchant sa fin de saison, l’Espagnol n’a pas oublié non plus les états d’âme des spectateurs du Central Philippe Chatrier. Une grande partie du public parisien, las des victoires du Majorquin et souhaitant sans doute le triomphe de Federer, n’avait pas hésité à le conspuer. "Oui, c’était dur. Mais je sais que ce n’était pas le sentiment de la majorité. Lorsque je me promène dans les rues de Paris, tout le monde ne cesse de m’encourager et de me témoigner de la sympathie", explique l’intéressé de façon diplomatique.

A l’époque, son oncle et entraîneur, Toni Nadal, avait été bien moins tendre à l’égard du public de la Porte d’Auteuil. "Il n’y a qu’ici que "Rafa" est reçu de cette façon alors que c’est son tournoi préféré", avait-il lâché à l’époque. Cette année, Nadal va donc s’efforcer de reconquérir les cœurs parisiens. Fort de ses victoires à Monte-Carlo, à Rome et à Madrid, il a débarqué sur la terre battue avec la confiance au zénith. "Voilà plusieurs mois que je ne pense qu’à ce Roland Garros. C’est l’objectif majeur de ma saison", confie-t-il.