Depuis une semaine et l’annonce du forfait de Rafael Nadal pour l’Open d’Australie, les forums et autres réseaux sociaux de toutes les langues surchauffent. Si la majorité des internautes crachent leur venin sur le puissant Espagnol, certains s’interrogent sur la durée de cette indisponibilité. Rafa est-il victime d’une blessure grave qu’il garde secrète ? A-t-il été victime d’une suspension déguisée pour dopage ? Essaye-t-il de changer son style de jeu trop énergivore ? Seul le clan restreint du gaucher de Manacor connaît la réponse.

Tantôt un genou capricieux, tantôt un estomac endolori, autant de raisons qui poussent le patient le plus célèbre du circuit à postposer son retour. A l’heure actuelle, il reviendrait fin février à l’occasion du tournoi d’Acapulco, le premier tournoi 500 series de la saison sur terre battue.

S’il revient effectivement après huit mois d’absence, il n’affichera pas son meilleur niveau car il a été privé durant plusieurs mois du moindre exercice physique. Il n’a repris les chemins de la salle et des courts qu’en novembre. Mais dans quel état d’esprit reviendra-t-il ? Nadal ne pourra tirer sur la corde avec autant d’insouciance que par le passé. Sa fougue, sa détermination, sa résistance à la douleur ont toujours brisé le jeu de ses adversaires.

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Les conclusions seront tirées au crépuscule de la saison sur terre battue.

En revanche, la défection de Rafael Nadal a démontré que le Big Four n’était pas indestructible. Si Olivier Rochus nous confiait que rien ne changerait sur le circuit ATP en 2013, il n’avait pas prévu la blessure à rallonge de Nadal. Fin du mois, l’Espagnol quittera (définitivement ?) le Big Four. Un séisme, un tsunami, un cataclysme dans l’univers de la petite balle jaune. Nul n’est éternel, mais les 4 Fantastiques avaient pris l’habitude de ne laisser que des miettes au reste du monde. L’an passé, seul Ferrer avait raflé la mise lors d’un Masters 1000. Le 28 janvier 2013, Ferrer, Berdych voire Del Potro réussira un exploit de taille en s’invitant dans le carré d’as de l’ATP.

Aux origines du carré d’as

En réalité, dans un ordre sans cesse remanié, le Big Four s’était constitué le 26 avril 2010 lorsque le jeune Andy Murray avait ravi la 4e place du ranking. Par la suite, il en a été éjecté durant quatorze semaines. Depuis le 21 mars 2011, Djokovic, Federer, Nadal et Murray n’avaient plus été inquiétés.

Ce quatuor magique avait été dessiné d’abord par Federer qui n’a plus quitté le Top 4 depuis près de dix ans (23 juin 2003) ! Il avait été rejoint, au sommet, deux ans plus tard par celui qu’on considérait comme son éternel dauphin, Rafael Nadal (23 mai 2005). Ce duo de choc a vite laissé place à un trio infernal avec l’émergence d’un jeune Serbe, Novak Djokovic qui n’a plus quitté le Top 4 depuis le 25 juin 2007.

Nadal et Djokovic n’ont tous deux mis que deux ans entre leur entrée dans le Top 100 et l’arrivée dans le Top 4. En son temps, Federer avait eu besoin de deux fois plus de temps.