L’Espagnol a comme prévu remporté son 12e titre à Roland-Garros et son 18e en carrière.

Rafael Nadal ne pouvait pas rater l’occasion. Et il ne l’a pas fait. Débarrassé par Dominic Thiem du seul joueur qu’il craint sur terre, du seul encore en activité qui l’ait jamais battu, l’Espagnol a conquis un 12e titre historique à Roland-Garros (6-3, 5-7, 6-1, 6-1). Il est donc devenu le premier joueur de l’histoire à remporter douze fois le même Majeur, avec une unité de plus que Margaret Court. Allongé sur le dos après la balle de match, les bras en croix, Nadal a enfin pu se laisser aller. Lui qui a dû avoir si peur à Indian Wells quand le genou a lâché et qui a vécu des moments difficiles à Monte-Carlo et Barcelone. Mais sa volonté est énorme et sa marge sur ocre aussi. Comme si en plus ça ne suffisait pas, il a hérité à Paris d’un tableau en mode boulevard, a joué Roger Federer dans un vent qui devait saborder le Suisse et a vu Novak Djokovic se rater face à Thiem. S’il y a bien une chose que Nadal n’a jamais raté dans sa carrière, c’est une opportunité !

Thiem voulait croire que la fatigue ne pèserait pas et qu’il pourrait vraiment avoir une chance face au patron en finale. Mais il a passé le premier set à tenter de gagner à l’usure, donnant du spectacle mais se cassant surtout les jambes. Il a trouvé la clé dans le deuxième en lâchant tous ses coups à 1000% mais ça lui a coûté le reste du match. Nadal, frais comme la rose, n’a donc jamais paniqué : il a pris une pause après la perte du deuxième set pour se remettre les idées en place et a retrouvé de suite la tactique gagnante. Parce que c’est en dictant le jeu sur sa ligne de fond, en prenant la balle tôt et en montant souvent au filet qu’il a remporté ce match. Là où Thiem était déjà pied au plancher, “Rafa” avait lui des vitesses en plus à passer, lui qui a cet avantage par rapport à l’Autrichien de pouvoir jouer vite si besoin, de pouvoir couper les angles et prendre la balle au sommet du rebond. Sa science du jeu et son intensité physique n’ont laissé aucune véritable chance à l’Autrichien qui a donc perdu sa deuxième finale de Grand Chelem.

Alors que les dix derniers titres du Grand Chelem ont désormais été remportés par Nadal, Djokovic ou Federer, les chiffres s’affolent forcément : 20 titres pour le Suisse, 15 pour le Serbe et maintenant 18 pour l’homme de Manacor ! Voilà Rafa qui souffle sur la nuque du Suisse. Nadal est aussi devenu dimanche le quatrième joueur de l’histoire à remporter quatre Majeurs après ses 30 ans, après Federer, Rod Laver et Ken Rosewall. A chaque qu’on pense que son corps a touché ses limites, Nadal revient et c’est toujours pour soulever le trophée à Paris ! S’il tient la forme retrouvée depuis Rome, il va non seulement jouer le record de Federer d’ici l’US Open mais aussi revenir sur la première place mondiale du Djoker. Entre ces trois monstres du jeu, la foire d’empoignes va être somptueuse. Dimanche, Nadal s’est très sérieusement remis dans la course pour tout.