D'un geste rageur, il a serré les poings. De bonheur. «Ce n'était pas un match facile. Après la perte du troisième set, j'ai bien cru que j'allais finir par m'incliner. Je souffrais de légères crampes. C'est toujours mauvais signe. Heureusement, j'ai trouvé les ressources pour m'imposer dans la quatrième manche...», expliqua Olivier Rochus.

Son adversaire, Guillermo Garcia-Lopez (ATP 70), vendit chèrement sa peau mais finit par céder. «Mon frère Christophe m'avait donné quelques tuyaux. Il l'avait battu la semaine dernière à Sankt Pölten. Mais nous avons deux styles de jeu différents et, finalement, ses conseils ne m'ont pas servi à grand-chose. Christophe l'agressait davantage. Moi, j'étais plus timoré...»

Julien Hoferlin, coach d'Olivier, le confirma. «Oli a eu une excellente attitude sur le court. Il s'est superbement battu. Mais je trouve qu'il n'a pas pris suffisamment l'initiative dans l'échange...»

La bataille fut féroce, le plus souvent du fond du court. Elle dura plus de quatre heures sur un court n°9 bondé de supporters belges. «Sans eux, je ne crois pas que je m'en serais sorti. Ils étaient sans cesse derrière moi, à m'encourager. Croyez-moi: lorsqu'on souffre de crampes, c'est très utile...», ajouta le joueur auvelaisien.

Après avoir remporté les deux premiers sets 7-6 et 7-5, en sauvant une balle de set dans le premier et en remontant un 0-3 dans le deuxième, Olivier perdit la troisième manche 6-4 et concéda un break d'entrée dans la quatrième. Mais là encore, il s'accrocha et renversa la situation pour s'imposer, à bout de forces. «A la fin, j'ai été un peu plus agressif. J'ai pris ma chance. Je ne pouvais plus assumer un vrai duel de fond de court et des gauche-droite permanents. Cette tactique plus audacieuse s'avéra payante...»

Voilà donc Olivier parachuté au deuxième tour où il sera opposé au Russe Nikolay Davydenko, douzième tête de série et récent lauréat du tournoi de Sankt Pölten. «Ce sera très, très difficile. C'est l'un des meilleurs joueurs du monde sur terre battue. Ce n'est pas un hasard s'il fait partie du Top 10 à la Champions Race. Et en plus, il est très solide physiquement. Les matches en cinq sets ne lui font pas peur. Mais bon, je n'aurai pas grand-chose à perdre et j'essaierai de saisir ma chance. A ce niveau, de toute façon, il n'y a pas d'adversaire facile.»

© Les Sports 2005