Il y a deux manières d'analyser la rencontre de Fed Cup qui a vu la Belgique s'incliner devant la Chine et descendre en deuxième division pour la première fois depuis plus de dix ans. La première manière voudrait que l'on tente de repérer des éléments positifs. Et il est vrai que les joueuses belges ont fait preuve de volonté, de motivation et de rage de vaincre qui faisaient plaisir à voir. La cadette de l'équipe, Tamaryn Hendler, a par exemple failli gagner le premier simple de Fed Cup de sa carrière, ce qui aurait constitué une belle performance. On écrit bien "performance" et pas "exploit". Mais voilà, cette manière optimiste, nous n'allons pas l'utiliser pour analyser ce match. Car, plus qu'optimistes, il faudrait être naïfs pour le faire.

Car les Chinoises, surtout Zi Yan, étaient d'une faiblesse insigne. Le capitaine a d'ailleurs pris des risques inouïs en ne sélectionnant pas au moins une de ses joueuses du Top 50 en simple. Cette sélection curieuse a d'ailleurs redonné le moral aux Belges qui ont essayé de profiter de la modestie de l'équipe adverse. Honnêtement, sans être méchant, on a joué à Knokke quelques matches qui n'avaient pas le niveau du Groupe Mondial.

Cette défaite aurait d'ailleurs dû être évitée. On ne jette évidemment pas la pierre à la capitaine et aux joueuses pour leurs prestations pendant le week-end mais le travail fédéral en amont a-t-il été à la hauteur de l'enjeu? La réponse est clairement : non !

D'une part, il est impossible de comprendre comment Caroline Maes a fait l'impasse sur la rencontre, préférant éviter Knokke pour se rendre à Brée, au mariage fantôme de Kim Clijsters. Deuxième joueuse belge, un peu plus expérimentée que Feys, Wickmayer ou Hendler, Maes n'aurait peut-être pas fait gagner la Belgique mais elle aurait pu prendre un point. Que la joueuse n'ait pas elle-même estimé que sa présence était obligatoire est incroyable, il l'est encore plus que la Fédé ne l'a pas fait changer d'avis.

Et puis, on ne peut que regretter la nouvelle absence de Justine Henin. Certes, la championne belge se concentre sur sa carrière personnelle et on ne peut nier qu'elle la mène à la perfection. Mais, dans un contexte particulier, n'aurait-elle pas pu faire une exception et malgré tout se présenter sur le terrain puisque le match se jouait en Belgique ?

Quand donc la Fédé va-t-elle réussir à ne plus devoir se priver de ses meilleurs joueurs en Fed Cup et Coupe Davis ?

La Belgique est donc en division 2 mondiale. Où sa tâche ne sera pas tellement aisée. Les années noires se profilent décidément de plus en plus...

Reste à espérer que Tamaryn et ses copines confirment et progressent.

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