Depuis mai dernier, la ville de Liège sait qu'elle accueillera, ce week-end, un sommet européen «eco-fin» et depuis cette date, elle s'y prépare. En revanche, depuis lors, le calendrier sportif est venu ajouter son grain de sel que les attentats meurtriers aux Etats-Unis ont chamboulé, drainant avec eux une montée en puissance de certains vieux démons racistes et violents.

Le report d'une semaine de la rencontre du premier tour de la Coupe de l'UEFA entre le Standard de Liège et Strasbourg, qui devait se dérouler jeudi dernier, a le plus fait couler d'encre dans la mesure où tous les matchs de compétition européenne sont automatiquement taxés du label «à hauts risques» et de la mobilisation policière que cela suppose.

«Nous ferons face à nos obligations, précise Véronique Baccus, la porte-parole de la police communale, et avec un effectif normal et non réduit comme certaines rumeurs le laissaient entendre.»

Pas de chiffres précis, histoire de ne pas souffler sur les braises «mais disons que nous bénéficierons d'un solide renfort de la police fédérale pour aider notre effectif, qui se monte à environ 500 agents sur le terrain.»

Finalement, la plus grosse crainte de la police réside dans d'éventuels débordements de la manifestation anti-globalisation prévue vendredi. «Trois cents cars et quinze mille manifestants sont en effet attendus sur un parcours bien précis et accepté par les organisateurs (NdlR: de la Citadelle aux Terrasses). Des débordements sont toujours possibles mais nous sommes prêts.»

Donc, il n'y a pas de danger réel pour la rencontre de foot qui a lieu jeudi puisque les ministres - et donc les manifestants - n'arrivent que vendredi. «Nous jouerons la carte de l'hospitalité bien liégeoise tout en restant vigilants.»

En ce qui concerne la rencontre de Coupe Davis entre la Belgique et le Maroc au Country-Hall du Sart Tilman, la porte-parole de la police fédérale est formelle: elle n'a fait l'objet d'aucune demande précise de la part de la fédération belge et encore moins d'une quelconque protection de la part de l'équipe marocaine.

Il n'empêche qu'il a été conseillé à toutes les écoles se trouvant dans le périmètre de la manifestation de fermer boutique, vendredi. Dès lors, les parents s'interrogent. «Nous l'avons fait pour des raisons de mobilité et non de sécurité, rétorque Véronique Baccus, et pour le football, c'est la même chose et on nous l'a beaucoup demandé mais oui, vous pouvez laisser aller le gamin au match, jeudi.»

Reste à espérer que ce bel optimisme ne sera pas contredit.

© La Libre Belgique 2001