NEW YORK Ivan Ljubicic se souviendra sans doute encore longtemps de sa participation à l'édition 2003 de l'US Open. Si cela tombe, après ce qui s'est passé, il ne pourra peut-être plus jamais rentrer aux Etats-Unis...

Pour avoir osé critiquer le comportement d'Andy Roddick après sa défaite en quatre sets, samedi, sur le coup de minuit, le Croate a fait l'objet d'un interrogatoire digne d'un véritable criminel de la part des journalistes américains. Sur sommation des médias, il a ainsi été obligé de revenir donner une deu- xième conférence de presse à Flushing Meadow dans l'espoir qu'il présente ses plus plates excuses.

«Je ne vois pas pourquoi je devrais m'excuser, expliqua-t-il alors que les questions fusaient de partout. Il se peut que j'aie dit certaines choses que je ne pensais pas, il se peut aussi que le fait que mon anglais ne soit pas parfait ait pu engendrer des quiproquos, mais il est clair que je n'aime pas l'attitude qu'il affiche sur le court. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus beau en tennis. Je maintiens que d'autres joueurs sont venus me dire de lui botter les fesses, mais je suis certain que certains ont dû venir chez lui pour dire la même chose à mon sujet. Je n'ai rien contre lui. Il m'a encore appelé dans la nuit même après ce qu'il avait entendu et nous en avons discuté. L'incident est clos...»

Les Américains adorent ça! Ils raffolent d'alimenter la polémique, pour ne pas dire carrément de la susciter, ainsi que de faire d'une souris une montagne.

Après tout sex, drugs and rock and roll ne constitue-t-il pas l'une de leurs devises favorites? Alors ils se sont jetés dessus comme la misère sur le monde...

Il est vrai aussi que c'est à la coqueluche de toute une nation que l'on a osé toucher. Suivi comme son ombre par trois gardes du corps, Andy Roddick est considéré comme un demi-dieu ici à Flushing Meadow. Vainqueur de cinq tournois cette année, le jeune Américain, qui vient de fêter son vingt et unième anniversaire, doit s'imposer à New York.

Et il n'est pas question qu'un Croate ou qui que ce soit d'autre vienne se mettre en travers de sa route. Une seule personne aurait peut-être le droit de le battre. Il s'agit d'Andre Agassi. Et les Américains rêvent déjà de les voir s'affronter, dimanche prochain, en finale...

© Les Sports 2003