Elle a hurlé sa joie comme si elle avait gagné le tournoi. "Serena is back in business", comme disent les Australiens. L'Américaine n'est pas encore sérénissime comme lors de ses heures de gloire mais elle semble, en tout cas, sur la bonne voie d'un fracassant retour au premier plan. Serena Williams (WTA 81) a créé la première grosse surprise de l'édition 2007 du tournoi féminin de l'Australian Open, vendredi midi, en éliminant Nadia Petrova (WTA 6). La cadette des soeurs Williams a servi 11 aces et frappé un total de 27 coups gagnants pour s'imposer 1-6, 7-5 et 6-3 en 2h05 après avoir été menée 5-3 dans la deuxième manche.

"Je ne suis pas étonnée", clama-t-elle avec son arrogance légendaire. "Je pense qu'à partir du moment où on se met en tête de réaliser quelque chose, il y a moyen d'y arriver. J'ai toujours dit que si je parvenais à jouer mon jeu, je serais dure à battre. J'aurais pu servir un peu mieux mais physiquement, je me sentais très bien. Je ne suis, d'ailleurs, pas fatiguée. J'ai le sentiment que je pourrais partir courir un marathon", ajouta l'Américaine, qui ne voulait pas croire que sa dernière victoire sur une joueuse du top remontait à sa finale de l'Australian Open 2005. "Vous voulez rire ? Mon Dieu. C'est une terrible statistique !"

On peut dire ce que l'on veut de Serena Williams. Qu'elle est arrogante et dédaigneuse. Qu'elle raconte n'importe quoi et adore faire son cinéma. Qu'elle pratique un tennis de brute, dépourvu de la moindre finesse. Il y a une chose, cependant, qu'on ne peut ôter à l'Américaine : elle est une grande championne qui, poussée par le désir de montrer aux autres qu'elle est toujours la meilleure, se bat comme une tigresse jusqu'au dernier point.

Elle l'a encore prouvé, vendredi, dans la Rod Laver Arena, en faisant craquer Nadia Petrova au moment où la Russe put servir pour le gain de la rencontre à 5-4 dans la seconde manche.

"J'ai toujours lâché mes coups, peu importe le type de pression ou de situation. Et je continuerai. Je pense que plus j'ai de pression, plus je suis forte. C'est vrai que j'ai été menée 5-3 dans ce deuxième set et que je me suis retrouvée au bord de l'élimination mais je pense que malgré tout, j'étais en train de bien jouer. Mes balles sortaient de peu et je me suis dit de m'accrocher et de songer à tout ce que j'avais fait à l'entraînement. Je ne peux pas dire si elle s'est crispée ou non. J'étais concentrée sur ce que moi je devais faire car je ne voulais pas perdre."

Retombée dans les tréfonds du classement mondial à la suite d'une blessure récurrente au genou mais également d'une envie d'assouvir d'autres passions, Serena Williams semble avoir repris du poil de la bête en ce début d'année.

L'ancienne première joueuse mondiale, qui n'a plus rien gagné depuis son triomphe à l'Australian Open en 2005, pourrait carrément devenir le trublion du tournoi si elle continue sur sa lancée. Ce dimanche, en huitième de finale, elle rencontrera une autre teigne en la personne de la jeune Jelena Jankovic (WTA 11), victorieuse à Auckland et finaliste à Sydney contre Kim Clijsters (WTA 5).

"Elle joue très bien pour l'instant et elle a envie d'aller loin comme moi", expliqua encore l'Américaine, qui demanda à son père de l'appeler par télévision interposée vu qu'elle ne parvenait pas à le joindre. "Cela fait quelques jours que j'essaie de l'appeler. Je sais qu'il a regardé le match. Venus me l'a dit. Elle est contente pour moi. Le tennis féminin est un peu à la peine aux États-Unis mais nous avons toujours deux solides joueuses, à savoir Venus et Serena Williams, elles sont incroyables. Et le meilleur est à venir !"

© La Libre Belgique 2007