Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mariano Puerta fait couler beaucoup d'encre depuis sa condamnation, mercredi, à huit ans de suspension par la Fédération internationale de tennis (FIT) pour dopage.

En effet, la lourdeur de la sanction en a surpris plus d'un. Jamais, une aussi longue période de suspension n'avait été assénée auparavant. Le fait d'être convaincu de dopage pour la deuxième fois de sa carrière (suspension de neuf mois en 2003 pour usage de stéroïdes anabolisants) a inévitablement pesé dans la détermination de la sanction. Sanction qui, à 28 ans, équivaut à une radiation à vie.

C'est, d'ailleurs, cette ultime sanction que prévoit le Code mondial antidopage, reconnu par la FIT, pour une deuxième infraction, la première étant passible de deux ans de suspension.

Le tribunal de la FIT a, en l'occurrence, consenti à admettre «une faute ou négligence non significative», évitant ainsi de prononcer une exclusion à vie.

Pourtant, l'Argentin a, au lieu de l'indignation voire de la contestation à laquelle on pouvait s'attendre, déclaré que son honneur de sportif était sauf. Il se base pour cela sur la décision de la FIT le jugeant, selon lui, «étranger à toute intention de fraude à travers l'usage délibéré de substances prohibées».

Le communiqué diffusé par son avocat, Eduardo Moline O'Connor, explique qu'il n'y avait eu «aucune amélioration concrète» sur son rendement et que «l'ingestion d'étiléfrine, contenue dans un médicament que prenait son épouse, a été purement accidentelle, et à son insu. La quantité ingérée ayant été extrêmement petite (moins d'une goutte), elle n'a pu avoir le moindre effet dans sa performance à Roland Garros».

La défense de Puerta avait précisément plaidé l'ingestion par inadvertance d'un liquide contenant le produit interdit.

Le joueur a trois semaines pour faire appel de la décision.

Effet dissuasif

Le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) Dick Pound a déclaré, en apprenant la nouvelle, que «c'est un grand pas en avant! Nous sommes très satisfaits et nous continuerons à travailler avec la FIT pour les aider à rendre leur sport plus propre.» Avant d'ajouter: «Les contrôles vont s'améliorer petit à petit et l'effet dissuasif de ce type de sanctions convaincra, je l'espère, les joueurs qui seraient tentés de recourir au dopage de ne pas le faire ».

Outre la suspension, l'Argentin se voit retirer aussi tous les points au classement ATP et les gains évalués à 275770 euros, amassés à Roland Garros et dans les tournois disputés depuis.

Cette mise à l'écart d'un grand champion témoigne d'une volonté de la FIT de lutter efficacement contre le dopage.

Sa disgrâce troublera un peu plus l'image du tennis argentin, marqué par des affaires de dopage impliquant cinq joueurs de haut niveau au cours de ces cinq dernières saisons.

© Les Sports 2005