Si l'atmosphère n'est pas encore aux règlements de comptes mafieux, avec Al Capone comme parrain du tennis mondial, l'affaire Davydenko, sortie la semaine dernière, a délié quelques langues sur une possible présence bien encombrante aux bords des courts.

L'affaire est partie d'un pied douloureux la semaine dernière en Pologne, a rebondi avec des paiements de paris suspendus à Londres avant de se retrouver sur les courts de tennis à Montréal. Le tout arrosé d'une conférence secrète d'un repenti en mars à Miami. Jeudi dernier, le Russe Nikolay Davydenko dispute le 2e tour du tournoi de Sopot. Face à l'Argentin Martin Vassallo Arguello, Davydenko remporte la première manche aisément (6-2). Mais la suite est plus difficile avec la perte de la deuxième manche 6-3. Et à 2-1 en sa défaveur, Davydenko préfère renoncer en raison d'un pied douloureux.

Le lendemain, le site de paris en ligne Betfair décide de suspendre les paiements relatifs au match, obligeant l'ATP à ouvrir une enquête officielle. Selon Betfair, environ 5 millions d'euros auraient été misés avant la rencontre et durant le premier set, soit dix fois le montant total des paris en temps normal pour un match de ce type. Et alors même que le Russe menait, les paris continuaient à monter en faveur d'une victoire de son adversaire.

Et les suiveurs du circuit ont tous leurs histoires à raconter. Tel joueur aperçu en train de faire copain-copain avec un mafieux notable lors d'un tournoi, un autre qui perd des matches sans donner l'impression de vouloir gagner... Mais que des rumeurs sur des faits passés !

Pire que le dopage

Par contre, le Tchèque Tomas Berdych, n°10 mondial, a été bien plus précis, avec des faits concrets sur les craintes de l'ATP. Fin mars à Miami, l'ATP a donc loué les services d'un repenti notoire de la mafia new-yorkaise, Michael Franzese, pour mettre les joueurs en garde.

"Nous étions assis et il (Franzese) nous a parlé de sa vie, de toutes ces mauvaises choses qui lui sont arrivées avec les gens de la mafia", a ainsi conté Berdych. "Imaginez la situation où elle (la mafia) vient vous voir et vous propose de l'argent pour perdre. Vous vous dites ok, c'est un tournoi de m... Et là ça commence à être mauvais. S'ils reviennent lors d'un autre tournoi et que vous dites non, là les problèmes commencent", explique-t-il.

Federer a été invité à s'exprimer. "Je n'en ai pas entendu parler !", le Suisse a lâché quelques impressions, soulignant que la corruption serait pire que le dopage. "Parfois des histoires sortent des vestiaires. Davydenko ne me semble pas être le genre de garçon à faire ça. J'espère qu'il prouvera son innocence", a expliqué le Bâlois.

Après tout, le football a été touché en Asie et le basket est secoué par une affaire semblable en NBA. Alors pourquoi pas le tennis ?