Tous à vos raquettes! La grosse machine des interclubs nationaux, qui concerne 127 cercles de tennis dans les catégories MM 2, MM 3, MM 4, D 2 et D 3, se mettra en branle ce week-end pour lancer définitivement une saison outdoor qui, en certains endroits, a déjà débuté. Pierre Delahaye, le secrétaire général de l'Association francophone de tennis, nous détaille les enjeux de cette compétition.

M.Delahaye, le mode de fonctionnement des interclubs va quelque peu changer cette année. En quoi précisément?

Disons qu'il s'agit d'une saison charnière dans la mesure où de nombreux clubs abandonnent le support papier et vont gérer ce rendez-vous pour la première fois de manière totalement informatisée. Cela n'a l'air de rien, mais c'est un défi important. Il faut vivre avec son temps et cette préoccupation administrative s'inscrit donc dans une certaine logique. On peut même dire que le domaine sportif a du retard sur d'autres milieux. La transition ne sera cependant pas simple car les réticences, généralement en fonction des individus mais aussi des budgets et des disponibilités, sont encore nombreuses. Je dirais quand même qu'une bonne moitié de nos clubs sont sensibilisés à cette nouvelle approche. Quoi qu'il en soit, les interclubs, en tant qu'événement majeur du paysage tennistique dans notre pays, avaient besoin de ce dépoussiérage.

Mais l'informatisation ne constituera pas le seul intérêt pour l'AFT...

Non, il va de soi qu'une telle compétition de masse, servie par son esprit convivial, représente un outil de promotion indispensable pour les clubs et un bon moyen de fidéliser les pratiquants. L'AFT compte environ 75000 affiliés mais 150000 joueurs francophones sont actifs. Le potentiel de recrutement reste donc très étendu. A ce propos, il faut souligner que beaucoup d'adultes se prennent au jeu à l'occasion des interclubs et que notre public cible ne se limite pas aux jeunes.

La représentation étrangère croissante lors des interclubs ne pose-t-elle pas problème?

Je pense qu'il appartient aux clubs de prendre leurs responsabilités. Le raisonnement des dirigeants, qui privilégient le spectacle et leurs intérêts, est compréhensible mais une telle démarche empêche parfois de jeunes Belges de faire leurs armes. Chacun doit demeurer conscient de ce phénomène et songer à ses conséquences.

Quid du reste de la saison?

Peu de changements significatifs ont été apportés aux épreuves ultérieures. Les Championnats de Belgique, autre grand rendez-vous de l'été, seront toujours couplés à la Coupe de Borman. La Fédération belge s'efforce, par ailleurs, de trouver une solution pour les réévaluer aux yeux des meilleurs joueurs belges mais il me semble difficile de s'opposer à leur volonté de se professionnaliser.

Et aucun tournoi digne de ce nom ne sera organisé cette année au Sud du pays?

Là encore, c'est un projet qui sera réalisé à terme mais pas dans l'immédiat. Avant d'en arriver à la phase de concrétisation, il faut trouver les bons partenaires, l'endroit idéal et se mettre d'accord sur une formule. Doit-on privilégier les garçons, les filles, voire les deux? Nous n'avons pas encore apporté de réponse à ces différentes questions. Mais je préfère prendre le temps de la réflexion plutôt que de me lancer à corps perdu dans une entreprise qui n'aurait pas les reins assez solides.

© Les Sports 2004