© EPA

Tennis

Rafael Nadal, un matador

Serge Fayat

Publié le - Mis à jour le

Roger Federer (ATP 1) n'est pas imbattable! Et c'est un jeune gaucher de 17 ans et demi qui en a apporté la preuve. Rafael Nadal (ATP 34) a créé la sensation, dimanche soir, à Miami en boutant du prestigieux tournoi floridien le Suisse, lauréat de l'Australian Open, en deux sets, 6-3, 6-3.

«Je suis aux anges, car j'ai disputé l'un des meilleurs matches de ma vie, déclara-t-il, le sourire aux lèvres. J'ai pratiqué un tennis presque parfait. Je jouais à l'intérieur du court, je dominais les échanges et je lui mettais une pression dingue afin de l'empêcher de pouvoir développer son jeu.»

Natif de Manacor, à un lob lifté de Majorque, et neveu du footballeur Miguel Angel Nadal, ancien international, le jeune Espagnol est un personnage quelque peu atypique dans le milieu du tennis ibère. Contaminé par le virus de la petite balle jaune via son autre oncle, Toni Nadal, son coach actuel, le jeune prodige est un véritable matador sur les courts, qui n'a pas froid aux yeux et n'hésite pas, à l'inverse d'un Juan Carlos Ferrero ou d'un Alex Corretja, à étaler ses émotions.

«Les jeunes sont comme ça»

Vainqueur de son premier match sur le circuit ATP à 15 ans et 10 mois, au tournoi de Majorque, l'Espagnol a gravi les échelons de la hiérarchie à la vitesse d'un TGV, gagnant près de 800 places en deux saisons pour faire son entrée dans le Top 50 à la fin de l'année dernière. Finaliste de son premier tournoi à Auckland, début janvier, battu par Dominik Hrbaty, il fut le héros de la qualification de l'Espagne pour les quarts de finale de la Coupe Davis à Brno, en Tchéquie, dominant Radek Stepanek dans le cinquième match en l'absence des deux chefs de file, Juan Carlos Ferrero et Carlos Moya.

«J'ai très bien servi, ajouta-t-il. Je crois même que je n'ai jamais aussi bien servi de ma vie. Je reconnais certes également que si j'ai réussi à le battre, c'est parce qu'il n'a pas livré son meilleur tennis. Sinon, je n'aurais eu aucune chance. Mais bon, c'est la preuve de la qualité du tennis masculin à l'heure actuelle. Si un joueur comme moi évolue à son meilleur niveau et qu'un joueur du top comme Roger Federer n'est pas au mieux, il peut gagner.»

Diminué par un début de grippe, qui l'obligea à puiser dans ses réserves, pour venir à bout du Russe Nikolay Davydenko (ATP 54), Roger Federer n'était, effectivement, pas au mieux. Vainqueur à Melbourne, à Dubaï, et à Indian Wells, il subissait là sa deuxième défaite de la saison, après celle concédée à Rotterdam contre Tim Henman.

«Ce fut difficile, reconnut-il. Il frappe la balle avec beaucoup de lift, ce qui m'a posé de nombreux problèmes. Au début de la partie, je ne prenais pas assez de risques, alors qu'à la fin, c'est lui qui a frappé des coups incroyables. Mais bon, ils sont comme ça les jeunes aujourd'hui», conclut le Suisse, qui n'a toujours que 22 ans...

© Les Sports 2004

A lire également

Facebook

Cover-PM

cover-ci

Immobilier pour vous