L'organisation du tournoi de Roland-Garros a proposé à ses employés de s'asseoir dans les loges laissées vides samedi sur le court Philippe Chatrier pendant les demi-finales.

Vendredi, les téléspectateurs étaient nombreux à s'insurger devant leur téléviseur en suivant Roland-Garros. La raison? Les tribunes qui étaient à moitié vide alors que deux énormes affiches étaient au programme. Le premier match opposait Nadal à Federer et le second Thiem à Djokovic, qui s'est terminé samedi. Même chose pour la finale dames le samedi après Thiem-Djokovic. Ces places, laissées vidées par les propriétaires de loges et leurs invités, qui avaient certainement mieux à faire que de suivre ces rencontres, faisaient tâche à l'écran.

Les joueurs se plaignent également du peu d'ambiance qu'il y a sur le court étant donné que les "vrais" supporters sont massés bien plus haut en tribunes. Un détail était toutefois à observer au fur et à mesure des deux rencontres (celles de Thiem-Djokovic et Barty-Vondrousova) puisque les tribunes finissaient par se remplir tant bien que mal. En effet, une petite armée de jeunes garçons et de jeunes filles, blouson de couleur bleu et ocre sur le dos, étaient sagement invités à s'installer dans les parties basses du court, emplacements habituellement réservés aux invités des sponsors.

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Sur son compte Twitter, un journaliste du New York Times, Ben Rothenberg, a été l'un des premiers à signaler cette information confirmée dimanche par l'agence Reuters. Pour combler les places vides trop visibles à la télévision dans les zones VIP, la direction du tournoi a proposé aux adolescents ramasseurs de balles et à d'autres employés de l'organisation du tournoi, d'aller s'installer discrètement dans les tribunes du court Philippe-Chatrier. L'agence de presse a pu se procurer une copie du courriel proposant à une partie du personnel de la Fédération française de tennis (FFT) d'assister, à partir de midi, à la fin de la demi-finale entre Thiem et Djokovic et au début de la finale dames.

Dans cet e-mail, la FFT posait tout de même quelques conditions a ses "invités". En effet, plusieurs consignes devaient être respectées par ces jeunes garçons et filles. "À chaque changement de côté, lorsque les invités entrent sur le court, levez-vous et restez à proximité de la loge. Éloignez-vous au fur et à mesure que les invités arrivent. Restez discrets et ôtez vos accréditations une fois assis. Vous ne puvez pas apporter de nourriture dans les tribunes." Il était aussi, vous vous en doutez bien, interdit à ces personnes de divulguer cette invitation sur le réseaux sociaux. 

Guy Forget, le président du Tournoi a également décidé de réagir auprès de l'agence Reuters suite à cette polémique. "Ce n'est pas un phénomène nouveau. Nous y travaillons depuis plusieurs années. Aujourd'hui, en particulier avec nos partenaires, nous essayons dès l'année prochaine de trouver de nouveaux moyens pour remplir nos loges, qui sont vides parfois, à certains moments. D'un point de vue économique, nous ne pouvons pas nous permettre aujourd'hui de refuser ces partenaires et parfois ces gens qui paient un billet plus cher, qui consomment le tennis de manière différente de par le passé. Ils ont du mal à rester pendant 8 ou 9 heures assis sur un fauteuil. C'est pour cette raison que nous essayons avec nos partenaires de faire peut-être pour l'année prochaine une espèce de surbo{oking, cela se fait aujourd'hui dans les compagnies d'aviation et dans les hôtels afin que ces derniers puissent faire venir certains de leurs clients en première partie, et une deuxième fournée en suivant le déjeuner", a expliqué le directeur du tournoi.

Après l'arrivée des employés devant Thiem-Djokovic

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