Rafael Nadal a écrasé comme prévu le tout jeune Français Gianni Mina mardi au premier tour de Roland-Garros, mais la victoire, bien qu'expéditive, 6-2, 6-2, 6-2, n'a pas suffi à assouvir l'appétit de perfection du grand favori de la quinzaine.

"J'ai vraiment mal joué. J'ai fait beaucoup plus de fautes que d'habitude et la balle ne partait pas de ma raquette comme elle aurait dû", a dit le roi de la terre battue qui a écarté toute inquiétude excessive, souvenirs à l'appui. "Le premier jour, je suis toujours un peu nerveux. D'ailleurs les quatre fois où j'ai gagné ici, j'avais aussi fait de mauvais premiers matches. Ca ne me préoccupe absolument pas".

Un mauvais match, dans l'esprit du Majorquin, n'équivaut pas à la perte d'un set, puisqu'il n'en a toujours pas cédé un seul au premier tour de Roland-Garros. Cette fois-ci, moins que les autres années, il a été en situation d'en lâcher un. Mais sans doute a-t-il mal accepté de devoir concéder neuf occasions de break, toutes effacées, à un gamin de 18 ans, qui n'a même pas encore vraiment commencé sa carrière professionnelle. C'est à une "wild card" que le finaliste juniors de l'an passé a dû l'honneur de défier le meilleur joueur du monde sur terre battue dès son deuxième match sur le grand circuit.

Contrairement à leur maître, les deux autres terreurs espagnoles de l'ocre, Fernando Verdasco et David Ferrer, ont eu toutes les raisons de quitter le court pleinement satisfaits après d'écrasantes victoires sur le Russe Igor Kunitsyn (6-4, 6-2, 6-2) et sur le Français David Guez (6-1, 6-3, 6-1).

Ferrer, en pleine possession de ses qualités de coureur de fond, n'avait pas à s'en faire face à cet autre invité. Dressant un mur infranchissable derrière sa ligne, il l'a congédié en une heure et demie à peine, ne commettant que neuf fautes directes en trois sets.

Verdasco en revanche avait deux préoccupations: l'attitude du public, qu'il craignait hostile, et son état physique, après une préparation chargée. La réponse, sur les deux points, a été rassurante. Les spectateurs de Roland-Garros n'ont pas tenu rigueur à Verdasco de son attitude au tournoi de Nice. Samedi, le Madrilène avait échangé des amabilités avec une poignée de supporteurs de Richard Gasquet lors de sa finale perdue après trois sets acharnés. Anticipant des représailles à Paris, il avait cru utile de publier un communiqué d'excuses.

Son corps ne lui a pas non plus envoyé le moindre signal d'alerte. Toujours aussi puissant au service et en coup droit, il a expédié Kunitsyn hors du tournoi en moins de deux heures 6-4, 6-2, 6-2. Si Andy Roddick s'est tiré d'affaire de justesse contre le gaucher finlandais Jarkko Nieminen, surprise il y a bien eu, dans le tableau féminin, avec l'élimination de la finaliste des deux dernières éditions, Dinara Safina.

La Russe, en grande difficulté ces derniers mois à cause de problèmes de dos, a été victime de la fraîcheur mentale de Kimiko Date, engagée dans une deuxième carrière à près de 40 printemps, après avoir arrêté le tennis pendant douze ans. Mentale seulement, car la Japonaise, blessée au mollet, a songé à l'abandon, jusqu'à ce que la petite soeur de Marat Safin s'effondre, comme si souvent, alors qu'elle menait 4-1 dans le troisième set.

Date, ancienne N.4 mondiale et demi-finaliste à Roland-Garros en 1995, s'est accrochée, attendant que la Russe lui donne le match dans un dernier jeu calamiteux. Après une double faute suivie de trois erreurs directes, Safina s'inclinait 3-6, 6-4, 7-5.