Des adieux, ce n'est jamais très marrant. Mais ceux d'Anke Huber au circuit WTA mercredi à Munich, étaient d'un pathétique ! Elle espérait sans doute battre enfin une fois Justine Henin pour tomber en beauté, sous les acclamations de la foule allemande en délire, face à Serena Williams. Au lieu de cela, Henin lui a infligé un 6-1 6-2 bien tassé, en 54 minutes. Et au moment de quitter pour la dernière fois un tournoi professionnel, le public plus que clairsemé de l' Olympiahalle, ne lui réserva aucune ovation. A peine quelques applaudissements quand le délégué de la WTA vint lui offrir, poliment, un bouquet de fleurs. Huber aura apprécié. Comme elle l'admettait elle-même, elle «aurait bien voulu jouer mieux que cela, mais Henin ne m'a laissé que très peu d'occasions.»

Il est vrai que la Rochefortoise a livré une belle prestation pour son entrée dans le tournoi. «Pourtant, la situation n'était pas facile pour moi, expliquait Henin, après sa qualification. Je restais sur une défaite contre Tulyaganova à Linz la semaine passée et je n'étais pas en confiance, qui plus est, dans un tournoi que je découvre.»

Malgré cela, la Belge rentra assez vite dans le match et imposa son jeu. «Puis, au second set, j'ai connu un petit relâchement et j'ai commis plus de fautes directes, avant de me ressaisir par la suite. Nos deux rencontres précédentes, à Filderstadt et à Wimbledon furent autrement terribles. Mais bon, je suis surtout très contente de me retrouver en quart de finale.»

Où elle trouvera sur sa route une adversaire d'un tout autre gabarit : Serena Williams, qu'elle n'a rencontré qu'une seule fois, en huitième de finale à l'US Open cette année. L'Américaine s'était imposée en deux manches, 7-5 6-0. «Ce n'est pas un bon tirage, évidemment, même si elle n'avait plus joué depuis sa finale à l'US Open. Elle ne joue presque pas mais est tout de même dixième mondiale. Elle a une moyenne de résultats exceptionnelle. Mais je n'aurai pas grand-chose à perdre, même si elle est moins bien classée que moi.»

Cependant, Serena, il faudra se la «farcir». Ayant peu joué cette saison, elle n'est pas dans le même état de fatigue que d'autres joueuses, comme... Henin.

De plus, comme l'affirmait elle-même la Rochefortoise, «les balles sont lourdes et dures ici à Munich. Il faut frapper très fort pour faire avancer la balle.»

Or, dans ce domaine, personne ne fait mieux que Serena Williams qui, pour ajouter un peu de piment à la sauce, affirmait haut et fort : «Je suis fatiguée de voir de voir des gens qui sont mieux classés que moi et qui ne devraient pas l'être.»

L'occasion est belle pour la soeur cadette de Venus de montrer sa réelle valeur face à une de nos deux joueuses du Top 6 mondial....

© La Libre Belgique 2001