Il n'y a même pas eu match! Serena Williams (WTA 7) a fourni, mardi, une preuve éclatante qu'elle n'était pas venue pour faire dans la dentelle à Melbourne en balayant de la Rod Laver Arena Amélie Mauresmo (WTA 2) pour se hisser en demi-finale. L'Américaine n'a même pas dû forcer son talent pour s'imposer 6-2, 6-2 contre la Française, tracassée par une blessure récurrente aux adducteurs, que ses compatriotes vont finir par baptiser «Mauresmaux». «Ma mère m'a mis la pression à l'échauffement, car elle n'était pas heureuse de la manière dont je frappais certains coups, expliqua-t-elle, satisfaite du devoir accompli. Ce fut une bonne chose. Je n'ai pas songé au fait que ce pourrait être un match facile. J'étais prête à me battre, c'est tout. C'est vrai qu'elle a commis plus d'erreurs que d'habitude, mais je n'ai pas vu si elle était blessée ou pas. J'étais focalisée sur la balle.»

Arrivée en Australie avec une nouvelle tenue et un nouveau moral, la lauréate de l'édition 2003 n'avait pas hésiter à clamer, avec son arrogance légendaire, qu'elle était la meilleure tête de série n°7 du tournoi. Considérée comme la favorite de l'épreuve par les bookmakers, force est de constater qu'elle n'a pour l'instant pas failli à sa mission, ne concédant qu'un set depuis le début de la quinzaine. «Les Williams ne figurent pas sur le déclin, déclara-t-elle. J'avoue que j'en ai assez d'entendre ce genre de sarcasmes. Nous nous sommes entraînées très dur ces derniers temps. Nous nous remettons toutes les deux de blessures sérieuses. J'ai été opérée au genou et Venus a souffert d'une déchirure aux abdominaux. J'ai failli avoir la même blessure et si cela avait été le cas, je n'aurais pas été ici. Sincèrement, je ne dois pas gagner ce tournoi pour prouver quelque chose.»

Il n'empêche, c'est exactement d'un nouveau triomphe dans une levée du Grand Chelem qu'elle rêve pour marquer son retour au sommet. Et elle piaffe d'impatience à l'idée de défier Maria Sharapova (WTA 4), qui l'a battue l'an dernier en finale à Wimbledon ainsi que dans une finale du Masters qu'elle aurait sans doute gagnée si elle ne s'était blessée aux abdominaux. «Je vois ce match comme une occasion de disputer une nouvelle finale. Je considère, d'ailleurs, que je n'ai rien à perdre. A Wimbledon, j'étais beaucoup trop nerveuse. Je ne parvenais pas à dormir. Ici, je me sens bien. Je suis fière de moi jusqu'à présent. Ce sera une belle bagarre.»

© Les Sports 2005