Sofia Kenin a rencontré ses deux idoles, Andy Roddick et Kim Clijsters, à l’âge de 6 ans. Quinze ans plus tard, elle marche sur leurs traces.

Une détermination sans faille, une force intérieure incroyable, une inébranlable confiance en elle… Sofia Kenin a tout pour devenir la nouvelle patronne que le tennis féminin se cherche depuis la fin de la domination de Serena Williams. Samedi, l’Américaine de 21 ans, plus jeune finaliste de l’Australian Open depuis 2008, a remporté à Melbourne sa première finale dans un tournoi du Grand Chelem, face à l’expérimentée joueuse espagnole Garbine Muguruza.

Sa détermination remonte à longtemps, peut-être à ce tournoi de Miami, en 2005, auquel elle avait été invitée : c’est là qu’elle rencontre ses deux idoles tennistiques : l’Américain Andy Roddick et… la Belge Kim Clijsters. "Je n’oublierai jamais ce tour du propriétaire que j’avais pu faire à l’époque avec elle, à Miami", a-t-elle raconté récemment. "Kim Clijsters était une véritable idole. Et elle avait été si gentille, passant toute sa journée avec moi. Grâce à elle et à tout ce qu’elle m’a raconté, je suis devenue encore plus motivée pour arriver où je suis aujourd’hui. J’admirais la manière dont elle se comportait sur un court, le fait qu’elle n’abandonnait jamais. Et j’adorais aussi ses grands écarts".

De 2005 à 2020, le chemin n’a pourtant pas été rectiligne pour cette fille de parents russes - elle est née à Moscou - émigrés aux États-Unis et s’installant d’abord à New York, puis en Floride. Les sacrifices ont été nombreux pour la famille et en particulier pour son père, Alexander, joueur de tennis amateur qui lui donne sa première raquette quand elle a 3 ans et demi. Un paternel - il est devenu aujourd’hui son entraîneur - qui l’a ensuite accompagnée dans de multiples tournois, aux quatre coins du pays. Avant de voir sa fille devenir professionnelle (2017), membre de l’équipe américaine de Fed Cup (2018), joueuse de tennis avec la meilleure progression sur le circuit WTA (2019), puis victorieuse d’un tournoi du Grand Chelem.

La légende veut qu’à 5 ans, déjà, la petite Sofia disait à Andy Roddick qu’elle était capable de retourner son service. Samedi, des journalistes lui ont demandé si elle se rappelait quand elle avait douté pour la première fois. Réponse de l’Américaine : "Pas vraiment". Tout est dit…

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