Mission accomplie pour Justine Henin qui s’est adjugé son quatrième tournoi sur gazon, signant, au passage, sa 50e victoire sur la surface.

Hier, elle est venue à bout d’elle-même, des rafales de vent et quand même un peu d’Andrea Petkovic en finale du tournoi de Rosmalen. Après 1h48, l’ancienne numéro un mondiale a claqué un ace pour clore en beauté une semaine qui lui aura apporté quelques indications avant de s’envoler pour Londres en fin de matinée.

Que ce soit l’état d’esprit affiché lorsqu’elle était dépassée en finale ou la qualité de ses frappes lors de la demi-finale, Justine Henin débarque en confiance à Wimbledon. Pourtant, hier, son jeu n’avait aucune raison de lui apporter des motifs de satisfaction.

Méconnaissable dans la première manche, en révolte par moments dans la seconde, conquérante dans la deuxième moitié du set décisif, Justine Henin ne se cachait pas derrière des excuses à l’heure des bilans.

"En six minutes, je prends un 3-0", souligne Justine Henin qui avait jeté un œil distrait sur le match des Pays-Bas qui était diffusé sur écran géant dans le stade. "Mon début de match catastrophique n’a rien à voir avec cela, confie-t-elle hilare. J’ai préparé avec application ma rencontre, même si je ne suis jamais réellement rentrée dedans. Peut-être une partie de mon esprit traînait déjà du côté de Londres."

De sa rencontre, elle préfère garder en tête les deux réactions d’orgueil de la championne piquée au vif. "J’étais fâchée sur moi-même car je ne développais pas mon jeu. Mais, en même temps, je suis fière d’avoir réagi dans le second set alors que je concède un break rapide. Ensuite, à 3-0 dans la manche décisive, je trouve les ressources mentales pour recoller à 3-3. Je tenais absolument à repartir de Rosmalen avec le titre. Mon envie de trop bien faire me joue des tours."

Ce match au scénario à la Henin constituait ce dont elle avait besoin, selon ses propres dires. "Cette victoire en jouant mal gonfle mon capital confiance."

De confiance, elle en aura besoin très rapidement pour aborder le tournoi de Wimbledon. Le calendrier est serré. Hier, elle rentrait en voiture chez elle à sa plus grande joie. "Je compte sur ces deux heures de trajet pour tourner la page Rosmalen et entrer dans Wimbledon au plus vite. Aucun scénario n’est idéal avant un Grand Chelem. Soit s’entraîner mais on manque de matches à enjeux, soit perdre aux premiers tours ce qui est mauvais pour la confiance, soit aller en finale ce qui laisse une transition très courte. Ce soir (lisez : hier soir), je souperai avec quelques amis. J’écouterai de la musique, je passerai quelques coups de fil. L’essentiel reste de bien manger et de bien dormir. En fin de matinée, je m’envolerai pour Londres avec une séance d’entraînement prévue en fin d’après-midi."

Lundi, son tournoi débutera en fin de journée face à Anastasija Sevastova. Effectivement, un calendrier très serré. "De toute façon, je dois éviter de me poser 10 000 questions", conclut sagement Justine Henin.