On le lira ci-dessous, le palmarès de Justine Henin-Hardenne ne cesse de s'étoffer. Avec un ou plusieurs titres à l'Australian Open, Roland Garros, l'US Open, le Masters et les Jeux olympiques, elle a gagné tout ce qui compte vraiment sur le circuit.

Tout ? Non, pas vraiment. Car un tournoi résiste encore et toujours à la joueuse belge : celui de Wimbledon !

Même si elle ne le dira jamais ouvertement - et elle aura bien raison - la Rochefortoise va désormais, même si elle ne le désire pas, focaliser toute son attention sur ce gazon qui se refuse encore à elle. Reste à voir comment elle va gérer ce nouveau défi, celui qui pourrait la faire entrer encore davantage dans la cour des grandes, des très grandes.

Pour mémoire, seules neuf joueuses ont réussi à triompher dans les quatre levées : Doris Hart, Maureen Connoly; Shirley Fry; Margaret Smith; Billie Jean King; Chris Evert; Martina Navratilova; Steffi Graf et Serena Williams. La seule évocation de ces noms démontre à quel point notre compatriote est sur la trace des plus grandes championnes que l'histoire du tennis ait portées.

D'autant qu'il nous faut ici rappeler que, depuis quelques lustres, les quatre épreuves se déroulent sur quatre surfaces différentes, ce qui n'était pas le cas auparavant puisque tant l'Australian Open, que Wimbledon et l'US Open se disputaient sur gazon. Gazon, disions-nous, qui constitue désormais le menu principal des rêves de la numéro 1 belge.

Reste à savoir comment elle va aborder cette nouvelle ambition. Va-t-elle suivre les traces d'Ivan Lendl ou bien va-t-elle plutôt estimer que la meilleure manière de ne pas en faire une fixation est d'aborder les quelques saisons à venir de la même manière que les précédentes ?

Pour rappel, Ivan Lendl a tout gagné dans sa carrière. Tout ? Non, pas vraiment puisque Wimbledon, justement, ne lui a jamais souri. A tel point que lors de ses dernières saisons, il a fait l'impasse sur Roland Garros, et même sur une grande partie de la première moitié de l'année, pour s'entraîner comme un beau diable. Il s'était même installé en Australie où l'herbe est chaleureuse tout au long de l'année, même en hiver.

Jouer à Paris, puis à Londres

Mal lui en prit car, jamais, Lendl ne triompha à Church Road. Pire même, à force de viser ce titre ultime, il termina sa carrière comme un vulgaire joueur de deuxième zone...

A nos yeux, Justine ne doit pas suivre cette voie-là. D'autant que le fait de jouer à Roland Garros ne l'a jamais réellement handicapée pour être en forme quinze jours plus tard à Londres.

Pour rappel, c'est justement à Wimbledon qu'elle a disputé sa première finale de Grand Chelem. C'était en 2001 et elle venait de se hisser en demi-finale à la Porte d'Auteuil.

Depuis, elle a encore disputé une finale - cette année - alors qu'elle venait de triompher à Roland Garros. C'est dire qu'elle peut sans problème enchaîner les deux épreuves. Et puis, son service progresse tant d'année en année qu'elle dispose sans conteste de toutes les armes nécessaires sur herbe.

Autrement dit, elle ne doit pas suivre Lendl mais bien croire en son seul talent.

© La Libre Belgique 2006