Contrairement aux habitudes de la Coupe Davis où un capitaine préside aux destinées d'un pays, l'Espagne s'est dotée avec bonheur d'un capitanat collégial surnommé le G 4, et composé de quatre entraîneurs Javier Duarte, Juan Avendano, Jordi Vilaro et Josep Perlas pour atteindre la finale qui débute vendredi contre l'Australie.

Après des années d'échecs parfois incompréhensibles en Coupe Davis et malgré une cohorte de joueurs dans les 100 premiers et parmi les meilleurs spécialistes de la terre battue, l'Espagne n'a pas brillé dans sa lutte pour le Saladier d'argent depuis 1965 et 1967, date à laquelle elle a atteint la finale. L'élimination au premier tour à domicile contre le Brésil 3 à 2 en 1999 a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Malgré le repêchage réussi contre la Nouvelle-Zélande, la fédération a frappé du poing sur la table, licenciant le mythique ancien joueur Manuel Santana pour adopter une stratégie propre à satisfaire l'ensemble des joueurs espagnols : inclure dans la structure Coupe Davis, les entraîneurs des meilleurs joueurs tout en gardant une mainmise fédérale.

Javier Duarte (entraîneur d'Alex Corretja), Josep Perlas (Carlos Moya, Albert Costa), Jordi Vilaro (Felix Mantilla) et Juan Avendano (ancien joueur et entraîneur fédéral) forment alors le G 4.

Loin de se disputer, les quatre mousquetaires espagnols ont forgé une union sacrée qui a permis aux Espagnols d'atteindre leur première finale depuis les deux perdues contre l'Australie sur herbe par l'entraîneur limogé Manuel Santana, alors joueur. Celui-ci crie d'ailleurs au complot, affirmant qu'il a été remplacé l'année où le tableau était le plus favorable.

S'il est vrai que l'Espagne a joué toutes ses rencontres à domicile, sur terre battue, le G 4 peut toutefois se targuer d'un parcours exemplaire après avoir battu la Russie de Kafelnikov et Safin, les Etats-Unis, il est vrai diminués, et l'Italie.

La prise de décision collégiale a également permis de prendre des options courageuses tout en évitant les crises. La plus difficile a été la non-sélection pour la finale de Carlos Moya, de retour de blessure, l'Espagnol au palmarès le plus étoffé.

Le G 4 a fait un sans-faute stratégique lors des tours précédents, lançant le jeune Juan Carlos Ferrero dans le grand bain lors d'un match sans enjeu, pour pouvoir ensuite le faire évoluer avec moins de pression.

Le solide Albert Costa a, quant à lui, été aligné face à des adversaires qui lui convenaient, remplissant à chaque fois la mission qu'on lui avait assignée. (AFP)

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