ANALYSE

L'édition 2001 du Masters féminin restera à jamais gravée dans les annales belges: pour la première fois, deux participantes de notre pays y concouraient et elles ont fait mieux que se défendre. Kim Clijsters a bien failli prendre le dessus sur la favorite numéro 1 de la compétition, Lindsay Davenport, et se qualifier pour la finale, tandis que Justine Henin peut sa vanter d'avoir été la plus difficile opposante de Serena Williams, vainqueur final. Voilà qui est de bon augure avant la phase finale de la Fed Cup, qui débute mercredi à Madrid, et dont nos compatriotes seront les favorites, avec les Françaises comme dangereuses outsiders.

DE QUOI ÊTRE DÉÇU

Mais, d'un point de vue plus international et neutre, ce Masters munichois ne fut certainement pas un grand cru. Le fait le plus remarquable fut sans doute que, pour la première fois de son histoire, le tournoi se disputait hors des frontières des Etats-Unis. Pour le reste, on peut franchement se montrer déçu.

1.

La participation. Trois absences de marque ont plus ou moins saboté cette édition. Pour deux joueuses, les raisons invoquées sont très claires: Monica Seles refuse de remettre les pieds en Allemagne depuis son agression au poignard par un fou à lier, supporter de Steffi Graf. Martina Hingis, tenante du titre, a été opérée à la cheville à la mi-octobre et avait donc prématurément mis un terme à sa saison.

Pour ce qui est de Venus Williams, le flou reste bien présent. Après avoir longtemps assuré les organisateurs de sa présence - ce qui constituait un argument sportif et commercial de premier ordre -, l'Américaine a annoncé son forfait quatre jours avant le début de la compétition. Raison officielle: un poignet gauche douloureux. Argument en principe valable, d'ailleurs défendu bec et ongle à Munich par la soeur de la grande blessée, qui assurait que Venus était dans l'impossibilité de s'entraîner les jours précédents le Masters.

L'argument n'avait néanmoins pas convaincu la WTA, qui n'apprécie pas beaucoup la discrétion de Venus (et de sa soeur) sur le circuit WTA tout au long de l'année - elle n'a disputé que 12 tournois en 2001, pour 10 à Serena, 17 à Davenport et Capriati, 21 à Henin et 22 à Clijsters - et a lancé une enquête pour s'assurer de ses problèmes de santé. Certains bruits de couloirs à Munich laissaient même entendre que si Venus n'était pas venue à Munich, c'était simplement pour éviter de concurrencer sa soeur dans la conquête de son premier titre majeur de l'année, alors qu'elle-même pouvait se «contenter» de ses deux titres acquis à Wimbledon et à l'US Open. Affaire à suivre, peut-être.

2. La santé des joueuses. Tant mieux pour Sandrine Testud si elle a atteint pour la première fois de sa carrière le dernier carré d'un Masters, mais la tournure qu'a prise sa demi-finale contre Serena Williams ne peut que faire regretter les problèmes de santé (fièvre, maux de gorge) de Jennifer Capriati en quart contre la Française. Nul doute que Capriati aurait constitué une opposition plus sérieuse à la cadette des Williams. Tout aussi regrettable, la blessure au genou de Davenport (assurée de la place de n° 1 mondiale suite à sa victoire sur Kim Clijsters en demi), qui a privé de finale le dernier grand rendez-vous individuel de l'année.

Bref, on espère que la prochaine édition du Masters nous fera davantage vibrer que celui-ci. Rendez-vous est pris fin 2002, à Munich à nouveau, puisque la WTA a signé un contrat de trois ans avec les Allemands.

© La Libre Belgique 2001