Il s'est agenouillé à même la terre battue du Country Hall avant de tomber dans les bras de Julien Hoferlin et de recevoir un bain de champagne de ses équipiers. Kristof Vliegen (ATP 41) s'est en quelque sorte rendu immortel, dimanche soir, à Liège, en battant Chris Guccione (ATP 109) dans un cinquième match décisif pour qualifier la Belgique pour la première fois depuis huit ans pour les quarts de finale du Groupe mondial de la Coupe Davis. Le longiligne Maaseikois a parachevé son oeuvre entamée vendredi par une victoire épique contre Lleyton Hewitt en s'imposant 6-4, 6-4, 6-4 en 2 h 04 pour offrir la victoire 3-2 après que l'Australie fut revenue de 2-0 à 2-2. "C'est un grand moment pour moi mais je veux le partager avec toute l'équipe", s'exclama-t-il après avoir séché ses larmes de bonheur apparues à l'issue de la balle de match. "Je suis ravi d'avoir réussi à prouver ce dont j'étais capable mais ce n'est pas seulement moi qui ai fait en sorte que nous remportions cette rencontre. J'avoue que je ne me rends pas encore bien compte de tout ce qui s'est passé mais je pense que les images de ce week-end resteront longtemps gravées dans ma mémoire. On est peut-être un petit pays mais on a un très grand coeur ! "

Sous pression après qu'Olivier Rochus (ATP 34) se fut incliné en cinq sets contre Lleyton Hewitt (ATP 18), Kristof Vliegen a réussi à garder la tête froide dans une ambiance de feu générée par le noyau dur des supporters belges déjà du voyage en septembre dernier lors de la rencontre de barrage remportée en Slovaquie. Surfant sur la vague de son succès décroché contre l'ancien fiancé de Kim Clijsters, deux jours plus tôt, le Limbourgeois livra en somme le match parfait contre le grand gaucher Australien, à qui il n'octroya pas la moindre balle de break. Sous les yeux de Jean-Michel Saive, invité sur le banc par toute l'équipe, il excella au service et se montra inspiré en retour pour parapher avec brio, raquette en main, son week-end de rêve.

"C'était dur. J'étais passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel dans les vestiaires en suivant le match d'Olivier. J'étais toutefois prêt à livrer un grand match et je pense que je ne pouvais pas faire beaucoup mieux. Le but était de parvenir à le breaker une fois par set mais il fallait encore y parvenir sur le terrain. Dès le début du match, cela dit, j'ai senti que je touchais bien la balle et je suis parvenu à lui permettre beaucoup de pression. C'est ça qui l'a fait craquer. J'ai montré que j'étais en mesure de disputer de gros matches. C'est la cerise sur le gâteau."

Après un début de saison difficile, Kristof Vliegen a gommé en trois jours un grand nombre de frustrations en même temps qu'il se sera rassuré sur son potentiel. Élevé au rang de héros national, le Limbourgeois fan inconditionnel de la Coupe Davis ne demande pas mieux que de rééditer prochainement ses exploits contre l'Allemagne.