Cela fait maintenant trois ans et demi qu'il travaille avec elle. Pour le meilleur et pour le pire, car il en a vu des vertes et des pas mûres. «Il y a eu du boulot », sourit-il. Aujourd'hui, toutefois, Loïc Courteau, le coach d'Amélie Mauresmo, savoure la belle performance de sa protégée à l'Australian Open. «Cette finale, c'est la victoire du beau jeu, du tennis pur, confia-t-il. Amélie et Justine pratiquent le même tennis, elles ont le même toucher de balle et quelque part aussi la même approche mentale. Elles se ressemblent dans beaucoup de domaines. En fait, elles sont cousines. La seule chose qui les sépare, c'est le palmarès.»

Loïc Courteau avoue ne pas avoir été surpris par la rapidité avec laquelle Justine Henin est revenue au sommet. L'ancien joueur, qui avait la particularité de frapper tous ses coups à deux mains, considère qu'à partir du moment où le talent est là et que le reste suit, rien n'est impossible. «Ce n'est pas la première fois que Justine fait le coup, sourit-il. Elle avait déjà épaté son monde en décrochant la médaille d'or aux Jeux Olympiques d'Athènes. Et, l'an dernier, elle a également tout gagné sur terre battue, quand elle est revenue de blessure. Bref, elle est une habituée des bons come-backs. Justine est une grande championne, très dure à battre, qui n'est quelque part jamais aussi forte que lorsqu'elle se retrouve le dos au mur.»

Justine Henin serait-elle, dès lors, plus forte que Kim Clijsters, qu'Amélie Mauresmo affronta en demi-finale? Loïc Courteau ne sait pas. Autant Justine et «Amé», comme il la surnomme, se ressemblent, autant Justine et Kim sont, à ses yeux, différentes. «Je dirais que Justine affiche un plus grand courage et qu'elle varie mieux le jeu que Kim. Kim, elle, a des frappes plus lourdes, mais connaît plus de hauts et de bas, et n'a peut-être pas de jeu de rechange quand les choses ne tournent pas comme elle le souhaite. La frontière, certes, entre les deux est très fine...» glissa-t-il, soucieux de ménager les susceptibilités.

Amélie Mauresmo, cela dit, n'est pas mal non plus dans son genre. La Française, qui accédera une nouvelle fois au deuxième rang mondial, lundi prochain, semble même avoir franchi un cap ces dernières semaines avec sa victoire au Masters de Los Angeles, le premier grand titre de sa carrière. À 26 ans, elle apparaît enfin avoir trouvé son équilibre... «Je ne pense pas que ce qu'elle a fait ici soit si innocent. Elle a pris conscience de ses possibilités et confiance en ses capacités. Elle est arrivée à maturité. Son tennis a évolué, elle frappe plus fort qu'avant, et elle a appris à mieux relativiser la victoire et la défaite. Elle sait aujourd'hui que le pire, c'est simplement de perdre un match de tennis...» conclut-il.

© Les Sports 2006