A partir d'aujourd'hui et jusqu'au 21 juillet, le TC Géronsart (Jambes), accueille le 14e Open International de Belgique de tennis en fauteuil roulant. En importance, l'Open n'est ni plus ni moins que le deuxième tournoi d'Europe... N'empêche, avec 15000 dollars de prize money, on se rend compte que le tennis en fauteuil roulant reste le parent pauvre de la discipline. Organiser un Open en Belgique qui réunit le gratin mondial tant chez les hommes que chez les femmes relève de la gageure: `Les gros sponsors privés se montrent indifférents, notait Raymond Dombrecht, ancien arbitre international et co-organisateur de l'épreuve. Heureusement, les pouvoirs publics sont sensibilisés et acceptent de délier les cordons de la bourse.´

Coup de coeur

Il faut bien l'admettre, le tennis en fauteuil roulant reste une discipline confidentielle:

`Nous ne nous faisons pas d'illusion, il n'y aura jamais la grande foule dans les tribunes. C'est dommage car les matches entre les meilleurs mondiaux se révèlent très spectaculaires. Mais c'est vrai que le tennis en fauteuil, c'est avant tout un coup de coeur pour des personnes qui méritent toute notre admiration. Voir ce qu'elles peuvent réaliser, c'est incroyable...´ Un coup de coeur, voilà ce qui anime Raymond Dombrecht et les 80 bénévoles qui font que cet Open de Belgique est une mécanique bien huilée et fort appréciée par les sportifs moins valides du monde entier: `Au début de l'Open, je venais arbitrer, par gentillesse. Puis, de fil en aiguille, je me suis piqué au jeu. J'ai été séduit par la gentillesse et la simplicité du milieu qui contraste avec l'égoïsme que l'on rencontre sur les circuits ATP ou WTA. Ici, on prend en permanence une leçon de vie... N'empêche, à 72 balais, je pense qu'il est temps de céder la place.´

Dans le concert mondial, les Belges ne se débrouillent pas trop mal avec Brigitte Amerijckx, qui figura dans le top 10 avant de donner naissance à une petite fille et, chez les hommes, Gert Vos se situe dans le top 20... La discipline recense tout de même quelques professionnels: `Ce n'est évidemment pas avec le prize money qu'ils peuvent s'en sortir mais bien grâce à des sponsors, que ce soit les lignes aériennes pour les déplacements, les fabricants de fauteuils ou des petits sponsors divers. Le train de vie de ces professionnels est loin d'être somptuaire. Disons qu'ils peuvent vivre leur passion dans de bonnes conditions, c'est tout.´

Discipline exigeante, le tennis en fauteuil roulant allie technique, force et agilité: `Il ne suffit pas d'être un bon tennisman... Il faut avant tout une bonne coordination entre le tennis proprement dit et les déplacements sur le court.´ Si la balle peut faire deux rebonds, celles-ci sont semblables à celles utilisées sur tous les courts du monde entier.

Le tennis en fauteuil, une discipline à découvrir... En toute gratuité!

© Les Sports 2002