L’Américaine Venus Williams a remporté samedi le tournoi de tennis de Wimbledon, en battant dans une finale somptueuse et longtemps incertaine sa compatriote Lindsay Davenport 4-6, 7-6 (7/4), 9-7, quatre ans après son dernier titre sur le gazon londonien.

Venus Williams, tête de série N.14, s’offre ainsi le cinquième Grand Chelem de sa carrière, pour sa onzième finale. Elle avait réussi le doublé Wimbledon-US Open en 2000 et 2001. A 25 ans, elle succède à Maria Sharapova, victorieuse l’an passé à 17 ans.

L’aînée de la famille Williams, qui disputait sa cinquième finale en six ans à Wimbledon, ayant été battue par sa soeur Serena en 2002 et 2003, avait d’ailleurs éliminé en demi-finale la jeune Russe.

Davenport, N.1 mondiale, qui compte trois Grands Chelems à son palmarès (US Open 1998, Wimbledon 1999 et Open d’Australie 2000), a fini par céder devant le mental de sa compatriote et sa propre fatigue. Davenport n’a jamais battu Venus à Wimbledon, s’inclinant notamment lors de la finale 2000. Samedi, la Californienne a d’abord imposé sa puissance à Williams, malgré le handicap d’avoir dû terminer vendredi sa demi-finale face à la Française Amélie Mauresmo.

S’appuyant sur ses traditionnels points forts, le service et plus encore le retour, elle s’est aisément adjugé le premier set. Mais Venus, qui depuis sa dernière finale de Wimbledon en 2003 n’avait plus dépassé les quarts de finale d’un Grand Chelem, s’est ensuite rebellée.

Plus efficace au service, elle s’est aussi montrée moins dispendieuse malgré une prise de risque accrue. Mais après avoir laissé échapper une balle de set à 5-4 pour elle sur un retour dehors, Williams a été breakée sur le jeu suivant.

N’ayant plus rien à perdre, elle est passée à l’offensive à outrance, imposant sa hargne et sa détermination dans le tie-break. La dernière manche a donné lieu à une sévère empoignade. Davenport a dû recourir au service d’une kinésithérapeute et prendre un temps-mort médical à 4-3 pour elle.

Revenue sur le court, la Californienne a vite montré avoir énormément de difficultés à se déplacer. Elle a cependant trouvé les ressources pour s’octroyer une balle de match, admirablement sauvée par Venus. Après plusieurs échanges tendus et éprouvants, Williams a fini par réussir à prendre le service adverse pour bondir de joie après un match chèrement gagné.