HUMEUR

Dans l’une de ses dernières chansons, Jeronimo dit : « moi je voudrais du football des avant centres et des goals. » Le Liégeois a raison, le football s’endort. Et le tennis aussi. Mais Dieu soit loué, deux joueurs sont en train de faire vibrer ce sport qui en a bien besoin.

Avec ce Marcos Baghdatis, l’ATP tient un joueur formidable. Ce Chypriote, qui fait sortir la moitié de son pays dans les rues quand il joue, démontre que l’on peut encore sortir ses émotions sur un terrain. Que l’on peut encore communier avec le public. Que l’on peut encore jouer pour le plaisir. Que l’on peut encore vibrer devant son écran de télévision. Oui Marcos Baghdatis est une formidable opportunité pour le tennis mondial.

En battant David Nalbandian en cinq sets au terme d’un match de fou, comme tous ses matches en Australie, cet ancien champion du monde junior accède à sa première finale en Grand Chelem.

S’il pouvait affronter en finale l’Allemand Nicolas Kiefer, qui aurait alord battu le génial mais pas souriant Roger Federer, on assisterait à la finale de rêve. Pensez-vous, ce serait presque comme un long métrage hollywoodien entre le bon et le bad boy. C’est vrai que lui aussi, l’Allemand joue avec son cœur et ses tripes. Il montre ses émotions, joue parfois le rôle du méchant, du râleur. Mais en se reposant sur un tennis tout aussi agressif que son caractère.

L’avenir nous le dira, mais peut-être qu’il nous servira une version des temps modernes des "Connors-McEnroe". C’est tout le mal qu’on leur souhaite !