Kristof Vliegen a créé la sensation, mercredi après-midi, au tournoi Masters Series de Madrid. Le Limbourgeois a bouté hors du tableau, au deuxième tour, James Blake (ATP 7), l'un des joueurs les plus en forme du moment. Au terme d'une somptueuse bagarre de 2h05, il s'est imposé 6-4, 3-6 et 7-6 (5) contre l'Américain, encore vainqueur dimanche à Stockholm, qui put servir pour le gain de la rencontre à 6-5 après avoir mené 3-1.

"Il s'agit de l'une de mes plus belles victoires !", confia-t-il, le sourire aux lèvres à l'issue de sa qualification. "Battre Blake sur dur, même si j'y étais déjà parvenu en début de saison, n'est pas donné à tout le monde, d'autant qu'il restait sur une victoire en tournoi. Ce fut un match très bizarre, avec pas mal de hauts et de bas, mais j'ai acquis cette maturité et cette confiance qui me permettent de renverser le cours des choses par deux ou trois frappes. Je n'ai jamais lâché et pour une fois, cela m'a souri." En passe de devenir, lundi prochain, numéro un belge au classement ATP, Kristof Vliegen aura fait honneur à son nouveau statut. Arrivé frustré de Stockholm après une défaite cruelle en quarts de finale, il s'est battu comme un beau diable pour se payer une deuxième fois le scalp de James Blake, lauréat de cinq tournois cette année. La raquette conquérante, il a sorti de grands retours et déposé de jolies volées pour aller chercher sa victoire, la balle tombant cette fois du bon côté du filet.

"La semaine passée, j'avais perdu de justesse et cette fois, cela a tourné en ma faveur. Je suis très content du niveau de jeu que j'affiche. J'ai l'impression d'avoir retrouvé un deuxième souffle en cette fin de saison. J'avais connu un creux cet été avec cette élimination au premier tour à l'US Open, mais la Coupe Davis en Slovaquie m'a remis en selle. Je me sens bien, même si je traîne une petite contracture à la cuisse gauche. Cette victoire est pour moi une belle confirmation dans la mesure où elle m'apporte la preuve que je suis capable de battre tout le monde. Aujourd'hui, je ne suis plus impressionné. Je n'ai plus peur de personne."

En route pour finir la saison dans le top 30 alors qu'il l'avait tout juste entamée dans le top 100, Kristof Vliegen se mesurera pour une place en quart de finale, au vainqueur du match qui opposait, tard dans la soirée, Marcos Baghdatis (ATP 9) à Marat Safin (ATP 49), finaliste à Moscou. Ce n'est pas non plus un cadeau, mais alors qu'il n'était déjà pas certain de franchir le premier tour contre Dmitry Tursunov (ATP 21), il peut se dire qu'il ne risque plus grand-chose. Plus rien ne peut lui arriver, si ce n'est de... gagner.

"Je ne sais pas ce que je dois souhaiter", sourit-il. "Baghdatis est un remarquable contreur, tandis que Marat joue comme un dingue. Il est capable de faire plein de choses avec la balle, y compris la mettre dans le mur. Ce n'est pas le même tennis, mais quelque part le même niveau. Je sais que je peux rivaliser. Je n'aurai rien à perdre..."

© La Libre Belgique 2006