C' est un nouveau départ. Pour lui, comme pour son protégé. Deux ans après s'être quittés, Philippe Dehaes et Kristof Vliegen (ATP 50) retravaillent ensemble depuis environ deux semaines. Leur collaboration est conclue pour une durée indéterminée, pour le meilleur et... rien que le meilleur. «Kristof mérite ce qui lui arrive, il n'a pas volé sa place dans le Top 50, confie le coach brabançon. Cette accession entrait dans la logique des choses, mais pas spécialement au vu de ses résultats, je dirais plutôt en raison de son potentiel en général. Il ne fallait pas être devin pour réaliser qu'il avait des capacités. Il fallait juste attendre qu'il arrive à maturité. Mais c'est une belle récompense du travail qu'il a fourni.»

Outre ses proches et son manager, Vincent Stavaux, Philippe Dehaes est sans doute l'une des personnes les mieux placées pour évoquer le personnage Kristof Vliegen et sa progression. C'est, en effet, ensemble qu'ils ont découvert la vie sur le circuit, le Brabançon comme coach, et le Maaseikois comme joueur. Et c'est également sous sa houlette notamment que le Limbourgeois atteignit sa première finale d'un tournoi ATP, à Adelaïde, en janvier 2003. «La grosse différence entre le Kristof de l'époque et le Kristof d'aujourd'hui, c'est qu'il est devenu un véritable professionnel. Lorsque j'ai commencé à travailler avec lui, il avait 18 ans et n'était pas du tout éduqué sportivement. Il négligeait plein de choses, comme l'échauffement, l'intensité des entraînements, les soins et j'ai dû me battre pour lui apprendre les rudiments du métier. Après deux ans et demi, j'en ai eu marre, car j'étais plus un éducateur qu'un coach. Aujourd'hui, il a pris conscience de tous ces aspects, au point que je ne dois plus me concentrer uniquement que sur son jeu.»

«Il y a du Safin en lui»

Selon la maxime qui veut que qui n'avance pas finit par reculer, Philippe Dehaes considère que Kristof Vliegen doit encore s'améliorer dans divers domaines s'il veut se maintenir à ce niveau. Il pense ainsi à son revers, parfois trop tendre, à sa volée, un brin nonchalante, ou encore à son pourcentage de premières balles de service. «Il a fait un énorme travail sur lui-même au niveau mental et physique. Il a acquis le respect des autres joueurs. A Monte-Carlo, Roger Federer avait son casier à côté du sien dans les vestiaires. Mais s'il veut garder ce crédit, il ne peut pas s'arrêter en si bon chemin. Kristof a une bonne main, un bon oeil. Si je devais le comparer à un autre joueur, je dirais qu'il y a un peu de Marat Safin en lui. Mais pour rester dans le Top50, les gens ne s'en rendent pas compte, il faut bien jouer tout le temps.»

A nouveau à ses côtés après avoir côtoyé Christophe Rochus, Xavier Malisse et Gilles Elseneer, Philippe Dehaes a un bel objectif pour lui cette saison. Le Brabançon se dit que le Limbourgeois pourrait très bien viser un premier titre sur le circuit. «Il est des tournois, comme celui de Metz, en automne, qui sont à sa portée. C'est un objectif réaliste et excitant. Pour ce qui est du classement, je me dis que d'ici deux ans, la place de Kristof pourrait tout à fait se situer entre 30 et 40. C'est un beau défi. Pour lui, comme pour moi...»

© Les Sports 2006