Comment imaginer que Federer et Murray laissent passer l’occasion de se battre pour le titre alors que Novak Djokovic n’est pas dans les parages ? Impensable. Sauf qu’en quarts, Marin Cilic et Jo-Wilfried Tsonga ont exposé les failles dans les armures : Federer est ultra déterminé mais son jeu n’est pas en béton armé, tandis que Murray a tout dans la raquette mais semble de plus en plus nerveux.

De la revanche dans l’air

Conseillé par John McEnroe, Milos Raonic n’a pris qu’une option dans ce Wimbledon 2016 : "gagner le titre". "Deux ans après notre demi-finale ici, je suis ravi d’avoir une nouvelle chance pour essayer de le battre. Et puis c’est pour ce genre de matches qu’on joue au tennis." Entièrement tourné vers l’offensive, celui qui vise sa première finale en Grand Chelem va sans aucun doute créer du stress à Federer, mais il risque aussi de servir de cible de choix pour le Suisse au filet. Soulagé de ne pas se retrouver dans une filière longue, le septuple vainqueur des lieux mène en plus 9-2 dans leurs duels. "C’est une opportunité énorme pour moi, ma saison et ma carrière donc je suis très heureux d’être en demi-finales. Je suis aussi rassuré sur mon état de forme." Federer pourrait devenir, à 34 ans, le joueur le plus âgé à atteindre la finale de Wimbledon depuis Ken Roswall (39 ans). Il partira avec un petit avantage sur le papier face à un joueur qui reste sur cinq défaites de suite face au Top 3 et n’a encore jamais battu un Top 10 sur gazon.

Andy Murray devrait lui aussi avoir son lot de stress face à Tomas Berdych pour plusieurs raisons : toute la pression est sur ses épaules, il a toujours eu du mal face au Tchèque (8-6), les deux joueurs ne sont pas du tout les meilleurs amis du monde. L’Ecossais, battu en finale à Melbourne et Paris, vise une troisième finale à Wimbledon, une 11e en Majeurs. "Ce match va être très difficile. Je vais devoir être très agressif, mais varier car ça m’a aidé récemment face à lui." Berdych, lui, vise une deuxième finale en Grand Chelem après celle de Wimbledon 2010. Au fond du trou à Rome, le 9e joueur mondial a su se reprendre à Roland-Garros (quarts) et affiche ici un grand niveau de jeu. Sa cadence et sa puissance pourraient contraindre Murray à jouer la partition parfaite. "Je vais essayer de le bousculer autant que je peux, de ne pas le laisser créer le jeu. J’ai raté mes chances face à lui en Grand Chelem dans le passé, donc je vais essayer de faire en sorte que cette fois ça passe." Et d’oublier qu’il en est à 17 matches perdus de suite face au Top 2.