Il y aura tout de même un Belge en finale à Wimbledon. Un coach belge plus précisément. Il s’agit de Wim Fissette, l’ancien entraîneur d’une certaine Kim Clijsters. Le Trudonnaire, 33 ans, a réussi à amener sa nouvelle joueuse, l’Allemande Sabine Lisicki (WTA 24), à l’apothéose de l’édition 2013 du plus vénérable des tournois du Grand Chelem après un formidable parcours marqué par des victoires contre Samantha Stosur, Serena Williams et Agnieszka Radwanska.

Wim, qu’est-ce que cela vous fait de vous retrouver dans une nouvelle finale de Grand Chelem ?  
Je suis ravi ! Cela ne fait que quelques semaines que Sabine et moi travaillons ensemble. Bref, c’est formidable ! Qui plus est ici à Wimbledon, où je n’y suis jamais arrivé avec Kim. Maintenant, j’aimerais surtout la gagner… (sourire)  

Qu’attendez-vous de cette finale contre Marion Bartoli ?  
Ce sera une finale de cogneuses. Mais bon, si Sabine peut battre Serena et Radwanska, elle est aussi capable de battre Bartoli. Il faudra surtout bien gérer ses émotions. Il s’agit de sa première finale de Grand Chelem. Ce n’est jamais facile. Maintenant, je pense que si elle parvient à garder son sang-froid, elle a une bonne chance.

Auriez-vous préféré qu’elle affronte Kirsten en finale ?
Pour Kirsten, cela aurait été génial. Pour ma part, je n’avais pas vraiment de préférence. D’un côté Bartoli la cogneuse, de l’autre Kirsten qui casse le jeu. Ce sont deux joueuses tout à fait différentes, c’est vrai, mais notre objectif était de figurer en finale avec Sabine. Et nous l’avons atteint.  

Que pensez-vous du match de Bartoli contre Kirsten ?  
Pour être honnête, je n’en ai pas vu grand-chose. Je devais m’occuper de Sabine. Maintenant, je pense que Kirsten a été rattrapée par ses nerfs. C’est une réaction normale. Il s’agissait de sa toute première demi-finale à ce niveau. Elle n’est jamais rentrée dans le match. C’est dommage…  

Bartoli a tout de même semblé forte ? Oui, elle est forte. Mais je reste persuadé que Kirsten avait les armes pour la déstabiliser. Elle n’est toutefois jamais parvenue à développer son jeu  

Gagner Wimbledon, cela représenterait quoi ? Ce serait beau pour mon palmarès. (sourire) Il ne me manquerait plus que Roland Garros (NdlR : il a gagné deux fois l’US Open et une fois l’Australian Open avec Kim Clijsters) . Ce serait extraordinaire à un âge encore si jeune. Cela me ferait un plaisir fou après tout ce que j’ai vécu avec Kim.  

Qu’allez-vous dire à Sabine avant de monter sur le terrain ? Ce qu’elle se dit déjà également. C’est son tournoi ici, son court. Elle doit faire en sorte d’être la joueuse qui domine.

Vous a-t-elle déjà remercié ? Oui. Elle est très reconnaissante de mon travail. Cela fait plaisir. Le courant passe bien entre nous. L’ambiance est excellente.  

Quelles sont les réactions en Allemagne ? Je pense qu’il y a pas mal d’effervescence. Sabine est la première joueuse allemande en finale d’un tournoi du Grand Chelem depuis Steffi Graf. Alors, vous imaginez… C’est un grand événement et ce serait formidable pour le tennis allemand si elle réussissait à repartir avec le trophée.  

Cela la tracasse que les gens fassent constamment référence à Graf ? Non. Au contraire. Je ne voulais moi-même pas évoquer le sujet, afin de ne pas générer plus de pression, mais le fait que les gens en parlent et la voient comme la favorite lui procure une énergie supplémentaire. Elle apprécie que les gens croient en elle.

Votre contrat a-t-il entre-temps déjà été prolongé ? Nous avons décidé d’évoquer l’avenir après le tournoi. Mais bon, je suppose que nous allons poursuivre notre collaboration… (sourire)