L'épidémie d'abandon et de forfait qui sévit depuis le début de Wimbledon a fait deux nouvelles victimes jeudi, les Français Michaël Llodra et Paul-Henri Mathieu, onzième et douzième joueurs contraints à jeter l'éponge après seulement quatre jours de compétition.

Après le mercredi noir marqué par quatre forfaits et trois abandons, le total est désormais de neuf pour le seul deuxième tour, record de l'ère Open égalé (neuf au premier tour de l'US Open en 2011).

Llodra a renoncé après un set contre l'Italien Andreas Seppi, "malade" selon l'arbitre de chaise. Il était toutefois de retour sur le court quelques heures plus tard pour disputer un double en compagnie de Nicolas Mahut.

Mathieu a arrêté au troisième set contre l'Espagnol Feliciano Lopez après avoir perdu les deux premiers et s'être fait masser la nuque par un kinésithérapeute. Plusieurs de ses forfaits et abandons étant dus à des chutes, comme celui de la Biélorusse Victoria Azarenka, certains joueurs ont mis en cause la qualité du gazon.

Azarenka, victime d'une glissade au premier tour et incapable de s'aligner au deuxième, a demandé mercredi que "quelqu'un du club examine les courts pour voir quel est le problème". "Le terrain n'était pas en très bon état ce jour-là", a-t-elle dit.

Présence d'une pellicule ?

Ceux qui gagnent ne sont pas toujours moins critiques. Ainsi, la Portugaise Michelle Larcher de Brito a jugé la pelouse "glissante à cause de la présence d'une pellicule d'herbe coupée en surface" après avoir battu Maria Sharapova.

Les avis ne sont pas unanimes chez les joueurs. Le Tchèque Tomas Berdych a assuré que l'herbe était bien plus glissante pendant les JO l'an passé à Wimbledon. "Cette année, c'est parfait", a-t-il dit.

Roger Federer n'avait rien trouvé à redire non plus après sa défaite contre l'Ukrainien Sergiy Stakhovsky. "Je ne suis pas tombé une seule fois", a dit le Suisse.

Les organisateurs ont quand même tenu à répondre à ceux qui se demandent si l'herbe est bien la même que d'habitude.

La même herbe

"L'herbe a la même hauteur, le sol est identique et roulé de la même façon. La dureté des courts est conforme à ce qu'elle doit être à ce stade du tournoi. Je ne sais pas pourquoi les joueurs glissent plus. Nous avons préparé les courts de la même façon que d'habitude", a assuré le jardinier en chef Neil Stubley à la BBC.

Pour John McEnroe, triple vainqueur de Wimbledon, le problème est dû en partie aux chaussures et en partie au physique des joueurs.
"Les chaussures de tennis sont plus flexibles, les joueurs glissent même sur terrain dur. Ils devraient peut-être mettre des chaussures différentes qui ne glissent pas autant. Les joueurs sont plus grands aussi et leur centre de gravité est plus haut, peut-être devraient-ils faire de plus petits pas", a-t-il déclaré.

Une analyse en partie partagée par Marin Cilic, l'un des joueurs forfaits. "Le rebond bas met beaucoup de pression sur mon corps et mes genoux, car je suis plutôt grand", a dit le Croate qui mesure 1,98 m.

Pour Jo-Wilfried Tsonga, trahi par un genou, ni les courts ni le matériel ne sont en cause, mais plutôt le climat. "Non, les courts sont bons, mais la météo pourrie de ces dernières semaines peut expliquer tous ces pépins car les organismes sont fatigués", a-t-il estimé mercredi après son abandon face au Letton Ernests Gulbis.