Hollywood repassera. Alors qu’une bonne partie des suiveurs, des médias et du public croisait les doigts pour une finale entre les soeurs Williams, Angelique Kerber est venue gâcher leur fête. Venus Williams avait dit avant la rencontre qu’après tout, les films à Hollywood sont inspirés de faits réels parfois, alors pourquoi pas elle ? Pourquoi ne pas la revoir à 36 ans en finale de Wimbledon comme à ses grandes heures ? Et oui, ça aurait été très beau. Seulement jeudi elle a été rattrapée par la réalité : l’enchaînement des matches a éteint son jeu de jambes, et le talent d’une Kerber 4e joueuse mondiale a fait le reste.

Une échéance retardée

Mais si Elena Vesnina a été balayée du court par Serena Williams (6-2,6-0) en 48 minutes avec au passage 28 coups gagnants et 11 aces, Venus Williams a retardé l’échéance aussi longtemps que possible, avec une bataille de break dans la première manche notamment. Mais la patte gauche, le jeu à plat et à grande cadence de la star de Melbourne ont petit à petit créé des brèches dans les volontés offensives adverses, crucifiant une nouvelle montée de Williams d’une merveille de passing de coup droit court-croisé sur la balle de match. Rideau. "J’ai beaucoup d’expérience désormais et ça m’aide. Je savais que Venus jouerait bien mais aussi qu’elle était fatiguée après avoir eu de longs matches ici donc j’ai tout fait pour la forcer à se déplacer." En Australie, son coach Torben Beltz avait lâché que Wimbledon serait le prochain objectif sur leur liste, après avoir déjà goûté aux demies ici en 2012. Objectif rempli avec cette deuxième finale en Majeurs de la saison pour une joueuse qui a enfin digéré son exploit de janvier et qui confirme qu’elle a la carrure pour les très grands moments. "Je me concentre sur moi, j’ai confiance et suis aussi les conseils de Steffi Graf. Elle m’avait dit : tu es sur la bonne voie, continue de croire en toi et ton heure viendra."

La n°1 mondiale, elle, a fait ce qu’elle avait à faire face à une joueuse qui n’évolue pas dans la même galaxie qu’elle. La qualité de frappe de Vesnina ainsi que son sens du jeu n’ont pas fait long feu face à la puissance et l’agressivité adverse. "Elle est redevenue elle-même. Quand elle joue à son meilleur niveau, voilà ce que ça donne. Ce n’était pas le cas ces derniers mois, mais maintenant c’est reparti et elle est prête", se réjouissait ainsi son coach Patrick Mouratoglou. Et sa joueuse est bien d’accord : "Je me sens plus calme, plus confiante et plus intense sur le court." Il va être bien difficile de l’empêcher d’égaler les 22 Majeurs de Steffi Graf ici.