Tennis

Alain Darcis, son papa, ne cachait pas son émotion hier. Habitant depuis 3 mois à Duinbergen, il ne pouvait plus faire un pas dans la rue sans que les passants ne le félicitent. "Dans l’heure qui a suivi le match, j’ai reçu 220 SMS. Tout le monde y est passé : coiffeur, boulanger, responsable de restaurant,… Les passants m’abordent tous. Même après son premier titre à Amersfoort, je n’avais pas vécu une telle histoire."

Avant le match, Alain Darcis, qui a toujours suivi de près la carrière de son fils sans l’étouffer, avait échangé quelques mots avec Steve. "Je lui avais dit qu’il devait garder une bonne attitude sur le terrain. Parfois, il montre de la nonchalance. J’ai senti dans sa voix qu’il croyait en l’exploit. Au moins un tout petit peu."

Quand le match débuta, il refusait de croire en un scénario aussi favorable pour son fils. "J’ai vécu une rencontre… bizarre. Je n’y ai jamais cru. Au premier set, je sentais que Nadal pouvait prendre le dessus. Lors de la deuxième manche, Steve s’est bien accroché. Dans le tie-break, il est rejoint de 6-3 à 6-6. J’étais fataliste. Ne venait-il pas de laisser filer sa chance ? Je n’étais pas déçu car je me disais qu’on ne pourrait pas lui enlever ce résultat. Lors du dernier set, je refusais toujours d’y croire. J’étais soulagé qu’il n’ait pas pris une correction."

Sur son ace final, la joie a enfin éclaté. "Il devait l’emporter sur un ace car il était de moins en moins lucide. Il commençait à offrir des points. J’ai ressenti une immense joie. Enfin, la roue tournait. Nous avons vécu un début d’année assez chahuté avec mes soucis de santé, la grossesse de sa compagne et la vente du club familial à Liège."

La roue a fini par tourner

Aujourd’hui, tous les soucis sont derrière eux. Le club a été bien vendu. La naissance s’est déroulée parfaitement. "Et j’ai retrouvé la santé", poursuit le papa avec un large sourire avant d’analyser l’influence de la récente paternité de son fils sur ses résultats. "L’arrivée de Camille l’a motivé comme jamais. Il n’a plus été aussi détendu depuis des années. La famille a toujours occupé une place particulière dans son coeur."

Au rayon des souvenirs, le grand-père de Camille ne dresse aucune hiérarchie dans son Top 3. "Il y a eu Amersfoort et son premier titre ATP. J’ai frissonné lorsqu’il a battu Richard Gasquet, alors 12e mondial à Lyon devant 8 000 personnes dépitées. Et bien sûr, ce succès face à Nadal qui est la plus belle sur un plan sportif."

Une naissance et le scalp de Nadal en moins d’un mois, la famille Darcis aura des événements à fêter. La roue a enfin tourné dans le bon sens pour cette famille qui a traversé une demi-année difficile.Thibaut Vinel