ENVOYÉ SPÉCIAL À LONDRES

S'il continue ainsi, il ne faudra bientôt plus considérer ce genre de performance comme un exploit.

Xavier Malisse (ATP 35) a affiché une nouvelle victime à son tableau de chasse, vendredi à Wimbledon.

Pour sa première apparition sur le court central, il a éliminé un certain Evgueni Kafelnikov (ATP 6), tête de série n°5 du tableau, 7-6 (7/4), 7-5, 6-1 pour se hisser en huitièmes de finale. `Il s'est déjà passé tellement de choses dans ce tournoi que je savais que j'avais une chance, expliqua-t-il. Quand je suis monté sur le court central, il est clair que j'étais impressionné. Il est beaucoup plus intime que celui de Roland-Garros ou de l'US Open. La communion avec le public est vraiment merveilleuse. Mais je me sentais en confiance et je n'avais rien à perdre.´

Pour utiliser un jeu de mots facile, le Flandrien s'est, en réalité, montré le plus... malicieux dans ce match entre deux parmi les joueurs les plus fantasques du circuit.

Solide dans sa tête et sur ses jambes, il a parfaitement réussi à contrer les velléités offensives de son adversaire pour finir par le faire craquer. `Je pense que c'était comme un jeu de patience. Je m'attendais à ce que nous nous livrions une sorte de bataille sur le plan mental et il ne fallait surtout pas que je lâche. Le gain du premier set m'a clairement galvanisé et par la suite j'ai eu le sentiment que je faisais chaque fois deux ou trois points de plus que lui aux moments importants. Il y a eu beaucoup d'échanges du fond du court et à l'arrivée, c'est toujours qui commettait l'erreur. Cette victoire me fait vraiment plaisir, car je me suis prouvé que j'étais capable de bien jouer sur toutes les surfaces.´

Le premier joueur belge, en tout cas, est en train de se tailler une fameuse petite réputation sur le circuit. Après avoir déjà battu Marat Safin et Tim Henman à deux reprises, il s'est cette fois offert Evgueni Kafelnikov.

Huitième de finaliste pour la troisième fois en quatre levées du Grand Chelem, il rencontrera lundi Greg Rusedski (ATP 39), qu'il avait battu à Paris-Bercy l'an dernier. Poussé par une foule en délire, le gaucher britannique a, pour sa part, éliminé sur le central le jeune Andy Roddick (ATP 14) en trois sets. `J'aurais préféré un droitier, mais ce n'est pas grave. J'ai de bonnes statistiques contre ce genre de joueur. J'imagine que si je reviens sur le central, ce sera la folie dans les gradins, mais cela ne me dérange pas. Je préfère un public neutre, mais ce genre d'ambiance ne me déplaît pas non plus. Je vais me préparer sereinement. Dimanche, je serai devant la télévision pour regarder la finale de la Coupe du Monde de football. J'espère que le Brésil gagnera, car les Allemands, je ne les aime pas trop...´, conclut-il en souriant.

© Les Sports 2002