Xavier Malisse a quitté le circuit pro depuis octobre 2013. Dans un premier temps, l’ancien 19e meilleur joueur à l’ATP (en 2002) s’était cherché dans sa nouvelle vie. Perdu entre les restaurants, les temps morts et le coaching, le Courtraisien a eu besoin de plusieurs mois pour digérer son nouveau statut. "Le coaching n’était pas fait pour moi. Un joueur a besoin de temps pour se retrouver de l’autre côté de la barrière. Regardez Justine Henin. Elle a attendu 5 ans avant de se lancer dans le coaching. Je ne suis pas surpris par son choix. Avec son expérience, elle a beaucoup à transmettre."

Snauwaert, son nouveau défi

Deux ans après le début de l’écriture du premier chapitre de sa nouvelle vie, "Xman" a reçu un coup de fil qui a cassé la routine de son existence. Un de ses contacts de la marque Prince l’a appelé pour qu’il participe à un projet sur le long terme. La célèbre marque belge Snauwaert, qui avait été déclarée en faillite il y a plus de 20 ans, est de retour. "J’ai eu un contact à la mi-novembre, se souvient Xavier Malisse qui restait sur trois mois d’ennui. "J’avais un peu collaboré avec Niels Desein à l’US Open, mais, en revenant en Belgique, je sentais que j’avais besoin d’un défi sur le long terme. Je voulais juste rester dans le milieu du tennis car je ne connais rien d’autre." Il reconnaît, cependant, avoir été tenté par l’ouverture d’un bar ou d’un petit restaurant, mais le hasard en a décidé autrement.

La marque Snauwaert se cherchait un ambassadeur de renommée internationale, et elle l’a trouvé en l’ancien demi-finaliste de Wimbledon (2002), retraité du circuit pro depuis 2013, qui doit promouvoir la marque chez les joueurs du top 100.

Malisse et le sport aujourd’hui

Cette fonction d’ambassadeur ne l’éloigne jamais très longtemps d’un terrain de sport. A 36 ans, il varie les plaisirs. Golf, padel, football et tennis composent sa palette d’activités. "Pour être honnête, je ne joue presque jamais au tennis pendant l’année. A 8 ou 9 jours d’un tournoi sur le Champions Tour ou d’une exhibition, je reprends ma raquette. Si je ne joue pas durant des mois, le geste revient très vite." On ne peut que confirmer vu que nous avons joué durant 40 minutes avec l’ancien Top 20 mondial !

En golf, il a atteint un handicap de 4-5. Modestement, il se juge "pas trop mauvais". Il affiche un niveau exceptionnel. En 2014, il a aussi découvert le padel à Gentbrugge. "Dans le club, les 7-8 terrains sont toujours occupés. Je sais que le footballeur brugeois Tom De Sutter a ouvert un club de 6 terrains. J’adore."

Quand il se rend en Floride, il se concentre plus sur ses pieds où il joue avec ses copains au foot.

Plus de deux ans après son départ à la retraite, il affiche une silhouette svelte. "Je ne me rends jamais en salle de muscu", concède celui qui déteste toujours autant s’entraîner et qui passe désormais 10 mois par an en Belgique. "Je cours un peu. Sans plus."

Son avis sur le circuit actuel

De temps en temps, il jette un œil sur le circuit ATP. Entre le Big Four et les jeunes joueurs, il se régale. "Le tennis vit une belle période", avance-t-il avant de développer son argumentation. "Il suffit de se pencher sur les prize-money qui constituent un excellent baromètre. Les tournois proposent toujours plus d’argent. Le spectacle y est de plus en plus complet. Les gens ne viennent plus juste pour voir un match."

Il regrette par contre l’absence d’un John McEnroe sur les courts. "Il n’y a plus un joueur doté d’un caractère bien trempé. Je ne parle pas des casseurs ou de ces jeunes qui manquent de respect comme Kyrgios qui n’a rien d’un exemple. J’aimerais voir un nouveau McEnroe à l’ATP. Djokovic, Federer ou Murray ressemblent plus à des machines."

Entre les lignes, il ne cache pas que le circuit lui manque, mais il n’a jamais voulu revenir dans le parcours. "Je pourrais encore revenir un ou deux ans. Quand j’ai tout arrêté, j’étais fatigué. Je n’avais plus l’envie de gagner. J’étais mal."

Habitant à Bruges avec sa copine depuis près de deux ans, il aspire à d’autres projets personnels. "Mon frère a déjà trois enfants. Il est temps qu’on s’y mette. J’aimerais en avoir. Tout doucement, on y songe."

Sa reconversion aura pris deux ans, mais le Xavier Malisse nouveau est arrivé. Il est toujours aussi drôle et naturel, mais il est plus réfléchi dans ses choix.Thibaut Vinel