Il a failli s'endormir lors de la traditionnelle conférence de presse, mais il assure qu'il sera bien réveillé, vendredi, lorsqu'il sera amené à défier Andy Roddick. Christophe Rochus (ATP 54) est terriblement motivé par la rencontre de Coupe Davis que la Belgique livrera contre les Etats-Unis, de vendredi à dimanche, à Louvain. Restant sur un été bien mièvre qui ne le vit gagner que deux matches en dix tournois, l'aîné de la famille espère fermement que ce grand rendez-vous lui permettra de se relancer. «J'ai pris conscience de deux ou trois trucs et je suis persuadé que cela va aller mieux désormais, sourit-il. Suite à mon excellent début de saison, j'ai revu mes objectifs à la hausse et je me suis mis une pression inutile qui m'a empêché de m'exprimer librement sur un court. Voulant absolument gagner, je jouais de manière très timorée avec pour résultat que je ne valais plus rien. J'ai compris que j'étais nul lorsque je me trouvais juste sur le terrain pour ramener la balle sans rien entreprendre. Il faut que je me fasse plaisir, que je sorte mes revers le long de la ligne, que je distille mes amorties et que je vienne au filet, quitte à perdre. J'espère ne pas retomber dans mes travers.»

Assuré d'épauler son frère cadet Olivier en simple suite à la non-sélection de Xavier Malisse, Christophe Rochus portera une importante part de responsabilités dans cette rencontre. Partant du principe, réaliste, que le double échoira aux jumeaux Bryan, les Belges devront remporter trois simples pour espérer remonter dans le Groupe Mondial. En clair et sans décodeur, cela signifie qu'il devra battre au moins Andy Roddick ou James Blake, contre qui il n'a encore jamais gagné. «J'ai perdu contre Blake il y a cinq ans à Houston sur terre battue et contre Roddick l'an dernier à San Jose, en indoor, à l'époque où il était numéro un. C'est clair qu'il y a un gros enjeu, mais je vais tout faire pour retrouver la confiance et les sensations. J'adore cette ambiance de la Coupe Davis, le fait d'être en groupe, épaulé par ses copains, un capitaine et un coach. Je suis certain que cela m'aidera à me remettre dans le bain. Roddick et Blake sont deux remarquables joueurs, mais sur terre battue, ils n'affichent pas de résultats mirobolants. Si la rencontre se disputait sur dur, je me ferais sans doute détruire, mais ici la situation est différente. Nous ne partons favoris d'aucun des cinq matches, mais nous avons notre chance.»

Christophe Rochus, en tout cas, ne s'inquiète pas des éventuelles critiques qui pourraient s'abattre sur lui ou sur l'équipe en cas de défaite concernant l'absence de Xavier Malisse. Un choix a été fait par le capitaine après concertation entre toutes les parties, et le groupe, comme l'a répété son frère Olivier, l'assume. «Franchement, je m'en fiche. On ne peut pas empêcher les journalistes d'écrire ce qu'ils pensent. Ils n'ont peut-être pas forcément tort lorsqu'ils évoquent son niveau de jeu, mais le grand problème est que Xavier n'a pas d'esprit d'équipe. C'est tout...», déclara-t-il, ajoutant que «si les Américains jouent à leur niveau, il n'y aura peut-être pas grand-chose à faire.»

© Les Sports 2005