La bulle new yorkaise de l’US Open fait énormément parler d’elle depuis quelques jours avec l’exclusion de Benoît Paire, positif au Covid-19, mais aussi les mesures strictes mises en place pour les onze personnes qui ont été en contact avec le joueur français. Parmi celles-ci, on retrouve notre compatriote, Ysaline Bonaventure qui a expliqué après sa victoire au premier tour face à la Chinoise Shuai Zhang (WTA 38), tête de série n°25, comment elle a été prise dans cette tourmente . La Liégeoise a donc été placée dans la bulle de la bulle.

“Malheureusement, oui. Il faut savoir que ce n’est pas de chance. J’ai été assise à la même table que Benoît Paire, alors que je n’avais pas été en contact avec lui depuis le début du tournoi. Cela a été un peu la panique, il y a deux jours, quand j’ai reçu un appel de la WTA, et qu’on me signalait que je faisais partie de ces joueurs et joueuses-là. Cela a été très compliqué mentalement. D’abord, je ne savais pas si j’allais pouvoir jouer. Et puis, toutes les mesures mises en place ne sont pas top-top. On ne peut pas sortir, sauf pour s’entraîner et jouer nos matchs. On n’a plus accès aux vestiaires, ni au restaurant, ni au fitness. Tout cela a été mis en place pour qu’on ne croise personne, à part notre coach. La Fédération Américaine et la WTA ont vraiment fait de leur mieux pour nous mettre dans les meilleures conditions mais c’est très compliqué. Et mentalement, c’était très difficile à encaisser. Je n’avais pas fréquenté Benoît pendant plusieurs jours, et là, ça a été trente minutes, même pas, le temps d’une partie de cartes. Mais comme c’était dans les quarante-huit heures qui ont précédé son résultat positif, j’étais dans la liste."

Ce qui n’a pas empêché Ysaline de remporter son premier match en Grand Chelem  mardi soir: “J’ai été perturbée aux entraînements, parce que je me disais que c’était injuste et que je n’avais vraiment pas eu de chance. Maintenant, il faut relativiser aussi. On est sur un Grand Chelem. Et même si on est dans des conditions compliquées, que nous sommes isolés, que je ne peux pas sortir de ma chambre, rien que le fait de savoir ce que l’on va gagner après un seul match de tennis (NdlR : 61.000 dollars), cela nous fait retomber les pieds sur terre. On sait que les gens doivent bosser pendant plusieurs années pour gagner ce qu’on va gagner en un match. Donc je n’ai pas fait ma princesse sur ce coup-là. Je me suis dit que c’était une opportunité à saisir. Et même si c’était très compliqué mentalement, j’ai bien réussi à faire la part des choses. Je voulais éviter le sujet avant mon match, parce que je ne voulais pas qu’on me pose plein de questions. Je ne voulais pas me faire juger par des gens qui ne savent pas vraiment ce qui se passe dans cette fameuse bulle. Certains commencent à dire qu’on n’a pas respecté les règles, parce qu’on était assis à cette table. Mais on avait tous nos masques, et on gardait tous nos distances. Ce n’est vraiment pas de chance de se retrouver là, à ce moment-là. On était tous dehors, à jouer à des jeux de société, ou au golf. Il y a plein d’activités prévues. Mais là, c’est juste le fait de se retrouver à côté d’une personne testée positive, qui a fait qu’on a dû s’isoler un peu plus.”

Et Il faut rappeler que les joueurs visés, ceux qui ont croisé Benoît Paire n’ont rien fait de mal. Tout comme le Français qui a simplement contracté le virus comme cela pourrait arriver à tout le monde. Notre autre joueuse qualifiée pour le deuxième tour, Kirsten Flipkens serait selon l'agence de presse américaine AP dans le même cas tout comme les Français Kristina Mladenovic, Adrian Mannarino, Edouard Roger-Vasselin, Richard Gasquet et Grégoire Barrère. Ceux-ci doivent donc suivre un protocole plus strict où ils ne peuvent pas quitter leur chambre quand ils ne sont pas sur les courts.