En Belgique, depuis des dizaines d'années, des milliers de personnes doivent la vie à la Composante Air de l’armée belge. En quoi consiste le travail de ces hommes et de ces femmes ? Les exemples concrets ne manquent pas.

Pilotes, techniciens, électromécaniciens, contrôleurs aériens, ingénieurs, spécialistes en avionique, commandos de l'air, personnel administratif et logisticiens, des spécialistes, civils et militaires, s’investissent en permanence sur chaque appareil et donnent tous le meilleur d'eux-mêmes. Si l'un de ces maillons vient à faillir, les missions peuvent être compromises. Raison pour laquelle la motivation, le professionnalisme et la solidarité sont des valeurs primordiales à la Composante Air.

Une surveillance l’espace aérien balte

L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont des états baltes situés juste au-dessus de la Pologne et en dessous de la Finlande. Ces pays ont rejoint l’Union européenne en 2004 et ont connu, ces dernières années, une forte croissance économique. C’est pourquoi on les appelle les « tigres baltes ». C’est aussi en 2004 qu’ils sont également devenus membres de l’OTAN, l’alliance militaire au sein de laquelle collaborent les États-Unis, le Canada et toute une série de pays européens. C’est ce qui explique la présence de F-16 belges dans l’espace aérien balte. Ils y patrouillent dans le cadre de la mission de l’OTAN « Baltic Air Policing » (Surveillance de l’espace aérien balte). Les pays baltes, en effet, ne disposent pas d’une capacité aérienne de combat et ne sont donc pas capables d’assurer eux-mêmes la protection aérienne de leurs territoires. Plusieurs membres de l’OTAN se sont donc associés pour leur prêter main forte. Depuis le début de l’opération « Baltic Air Policing », la Composante Air belge a accompli huit missions de quatre mois chacune.

Une présence nécessaire

Cette présence est-elle bien nécessaire ? Oui, estime l’OTAN ! La Russie étant le grand voisin situé à l’est des pays baltes, la mission de l’OTAN est d’empêcher que des avions de combat russes ne pénètrent l’espace aérien de l’alliance. Et il ne s’agit pas d’une mission symbolique, comme en témoignent les chiffres. Lors d’une récente mission de l’OTAN, des avions de combat hongrois et espagnols ont intercepté pas moins de 65 avions qui survolaient l’espace aérien balte sans autorisation. La plupart d’entre eux étaient des avions de combat russes. Lorsque cela survient, les avions de l’OTAN ne cherchent pas la confrontation, mais escortent les contrevenants hors de l’espace aérien. Il importe avant tout que de tels avions ne bénéficient pas d’un libre accès dans la zone.

De par le passé, des F-16 belges ont également été déployés au Moyen-Orient pour fournir un appui aérien aux troupes au sol et mener des attaques contre des cibles de l’État islamique (EI). De même, les F-16 belges basés en Jordanie ont aussi apporté une contribution importante à la coalition internationale contre Daesh.

Les F-16 ne démontrent toutefois pas leur utilité exclusivement à l’étranger. Le contrôle et la protection de l’espace aérien belge font aussi partie de leurs missions. Pour ce faire, deux appareils sont en permanence en stand-by. Ils sont capables d’intercepter en à peine quelques minutes les avions suspects qui pénètrent l’espace aérien belge. De cette manière, ils assurent notre sécurité au quotidien.

De Coxyde au Mali

La Composante Air ne déploie pas seulement des avions de combat F-16, mais également différents types d’hélicoptères. Les quatre hélicoptères les plus connus en Belgique sont les NH90 NFH. NFH est l’abréviation de « NATO Frigate Helicopter »(Hélicoptère frégate de l’OTAN). Ces hélicoptères sont les successeurs des « Sea King », mis à la retraite après de bons et loyaux services. Le lieu d’affectation des NH90 NFH est la base aérienne militaire de Coxyde, d’où ils interviennent pour des opérations de recherche et de sauvetage en mer. Ce type d’hélicoptère est conçu pour pouvoir voler de jour comme de nuit et le mauvais temps ne leur pose aucun problème.

D’autres types d’hélicoptères NH90 - en particulier les NH90 TTH, pour « Tactical Transport Helicopter » (Hélicoptère tactique de transport) - jouent un rôle important lors de missions à l’étranger, notamment pour le transport de troupes. Ils ont ainsi participé à la MINUSMA, la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Mali, en Afrique. La mission de maintien de la paix des Nations Unies (les casques bleus) est de rapprocher les parties belligérantes, de stabiliser le pays, de protéger la population et de fournir de l’aide humanitaire. La MINUSMA, qui est l’acronyme de « Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali » (Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation au Mali) a été créée en 2013.

Transport de militaires et de civils

À côté de l’avion de combat F-16 et de l’hélicoptère NH90, l’avion C-130 Hercules est le troisième pilier de la Composante Air belge. Le Hercules n’a pas volé son nom. C’est un vrai mastodonte ! Cet avion de transport quadrimoteur possède une capacité très importante qui lui permet d’envoyer un grand nombre de militaires vers des missions à l’étranger ou des zones de conflits. En chiffres, cela représente 128 fantassins ou 92 parachutistes. S’il est déployé comme ambulance volante, il peut transporter 92 brancards.

Le C-130 transporte parfois aussi des civils. L’appareil est capable de rapatrier rapidement et de mettre en sécurité des civils belges résidant à l’étranger lorsqu’une situation d’urgence survient quelque part. La Composante Air dispose de dix C-130 basés à Melsbroek. Cet avion est d’ailleurs également déployé dans le cadre de la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Mali. Les C-130 seront progressivement remplacés à partir de 2020 par les nouveaux Airbus A400M, des appareils aux possibilités encore plus impressionnantes.