Finances

Il est un aspect que les investisseurs oublient parfois d’aborder en gestion : quel est le coût d’une sicav ou de la gestion de portefeuille ? Pourtant ces frais sont affichés et même s’il est parfois difficile de s’y retrouver, il ne faut pas se focaliser sur les seules performances.

Que ce soit en gestion ou dans les sicav mises en portefeuille, les frais sont souvent un aspect qui n’est pas consulté. L’investisseur a surtout tendance à aller voir quelles ont été les performances dans le passé. Or, les frais qui sont prélevés dans les sicav ou en gestion sont variés et leur calcul total est assez complexe. En ce qui concerne les sicav, ces frais sont détaillés dans le KIID (Key Investment Information Document), le document standardisé qui donne toutes les informations relatives à chaque fonds.

Frais de base

La plupart des fonds prélèvent des frais dès l’entrée dans la sicav. Ce sont des commissions qui ne sont prélevées qu’une seule fois. Elles servent à couvrir les frais de marketing, les frais liés aux intermédiaires et les frais liés à l’enregistrement du nouvel investisseur. Ils peuvent atteindre 3 %, ce qui signifie que pour 100 euros déposés, seulement 97 euros sont investis. Cela signifie aussi que, pour récupérer ces frais, la sicav doit avoir une rentabilité de plus de 3 % la première année. Viennent ensuite les frais de gestion. Ces frais servent à rémunérer les prestations du gestionnaire du fonds. Dans les fonds indiciels ou les ETF, ces frais sont très faibles puisque ces fonds suivent les indices. Pour certains fonds, dont la gestion s’apparente à celle des hedge funds (fonds spéculatifs accessibles seulement aux gros portefeuilles), ces frais peuvent être, en revanche, beaucoup plus élevés. Certains fonds prélèvent parfois des commissions de surperformance. Dans ce cas, si le fonds surperforme (au-dessus d’un certain seuil mentionné dans le prospectus, souvent par rapport à son indice de référence), le gestionnaire est rétribué pour cette surperformance en plus des frais de gestion. C’est de plus en plus commun de nos jours.

Le diable et les détails

Mais en dehors de ces frais affichés, il faut encore tenir compte d’un ensemble de commissions qui n’apparaissent pas de façon aussi claire. Et c’est là que le diable se cache : dans les détails. Prenons les frais de transactions. Ce sont les frais qui sont perçus lors de chaque achat et vente de titres. Un fonds qui aura une rotation importante de ses actifs comptabilisera davantage de frais de transactions. Il faut encore ajouter, les frais d’administration, les frais pour le dépositaire, les frais d’audit ou encore les frais pour les rapports et de publication.

Comment sont calculés ces frais ? Sont-ils liés aux coûts opérationnels et à l’efficacité des banques et des institutions ? Certains frais dépendent de l’efficacité de l’institution financière : comment sont gérés les fonds en interne ? Y a-t-il quelques compartiments qui servent différents investisseurs ou une multitude de petits fonds ? Cela coûte moins cher de gérer de grands fonds. Certains frais sont aussi liés à l’efficacité opérationnelle de l’institution : est-ce que l’administration est entièrement automatisée ou est-ce que de nombreux processus manuels sont nécessaires ? Ces frais ont donc une influence sur la performance de la sicav. Il faut aussi être attentif à la façon dont certains frais peuvent être négociés (ou non !) par les gestionnaires des fonds. À titre d’exemple, les gestionnaires de sicav gérées de façon indépendante des grands groupes intégrés pourront aller négocier dans le marché les frais de transactions ou de banque dépositaire en vue de les réduire. En gestion discrétionnaire, il ne faut pas non plus hésiter à comparer les offres. Dans ce cadre, il convient de bien décortiquer la structure des frais et de voir quels services sont intégrés (ou non) dans l’offre de prix. Que ce soit dans les sicav patrimoniales ou en gestion discrétionnaire, tous ces frais doivent être communiqués de façon claire et précise. Mais l’investisseur a aussi un rôle à jouer : il ne doit pas hésiter à poser des questions à son gestionnaire ou à son banquier sur la structure de ces frais.