Il arrive que les marchés connaissent des trous d’air. Comment réagir dans ce cas ? Vendre, garder, racheter ? Quelles sont les valeurs qui vont préserver le portefeuille face à des chutes de cours ? Anticiper les scénarios, garder la tête froide et analyser le portefeuille sont des attitudes sensées.

Aujourd’hui, les motifs d’inquiétude sur les marchés sont nombreux : croissance économique atone, guerres commerciales, conflits armés, situation de la dette italienne… Certaines industries sont plus sensibles que d’autres à cette évolution de la croissance et des fondamentaux macroéconomiques.Dans cette situation, comment se positionner en portefeuille ?

Cycliques ou défensives ?

Des secteurs comme l’automobile, la chimie, la métallurgie, la construction ou le papier sont tributaires d’une stagnation ou d’une récession. Or, les marchés financiers varient essentiellement en fonction des anticipations. Cela signifie que, lorsque les analystes anticipent une baisse de la croissance ou une récession, ces valeurs seront délaissées. Étant donné l’extrême volatilité de ces secteurs et leur sensibilité à l’évolution conjoncturelle, il ne s’agit pas d’un investissement à conserver indéfiniment dans le portefeuille, mais plutôt à suivre de près. Par opposition aux valeurs cycliques, nous trouvons les valeurs défensives qui appartiennent à des secteurs de l’économie qui sont très peu sensibles à l’évolution de la conjoncture économique. En période de faible croissance, de stagnation ou de récession de l’économie, la plupart des valeurs seront touchées, mais les valeurs défensives seront, quant à elles, moins exposées que les valeurs de croissance. Quelles sont ces valeurs défensives ? Les sociétés des secteurs de l’agroalimentaire, de la distribution ou les pharmaceutiques, par exemple, sont traditionnellement considérées comme des valeurs défensives. Ce sont des secteurs qui sont moins sensibles à une baisse de la consommation des ménages. Prenons le cas de l’agroalimentaire, par  exemple, même en cas de faible conjoncture, les consommateurs ont toujours besoin de manger, donc elles résisteront mieux sur les marchés, car leur chiffre d’affaires diminuera moins. Ces valeurs peuvent être considérées comme des valeurs de bon père de famille.

Et quand tout baisse ?

Mais plus globalement, que faire lorsque les marchés connaissent une forte baisse soudaine et que cette baisse enregistrée en portefeuille est assez conséquente ? Une bonne attitude est de prendre de la distance par rapport à la situation en adoptant une vue globale de son portefeuille. Il conviendra alors d’analyser la composition du portefeuille et de voir quels sont les actifs qui sont plus ou moins corrélés entre eux et aux marchés. Il convient de regarder les lignes de son portefeuille par régions, par secteurs. Un deuxième point d’attention est de déterminer le degré de risque et de baisse que l’on est prêt à accepter. On peut ainsi s’imposer une limite en dessous de laquelle, en cas de baisse, on désire vendre pour couper sa position. Pour les positions qui accusent une perte, il conviendra alors de regarder les fondamentaux des entreprises sous-jacentes. Comment ont-elles réagi face aux entreprises du même secteur ? Quel est leur rendement ? Le dividende risque-t-il d’être coupé ? Quels sont les titres qui risquent de perdre encore davantage ? Il sera alors opportun de mettre en place différents scénarios économiques et d’estimer comment les valeurs en portefeuille pourraient réagir dans ces différents cas de figure. Il faudra donc prendre de la hauteur, revoir de façon objective les positions en portefeuille et y jeter un regard critique. C’est alors que l’on pourra sortir ou non de certaines positions. Il est important aussi d’avoir une vision à long terme dans son portefeuille et veiller à garder une poche de cash suffisante pour ne pas devoir vendre des actifs en panique durant ou après une chute des cours de bourse. Les baisses de marché sont aussi l’occasion d’opérer à des arbitrages en portefeuille et de dénicher des actions sous-valorisées. Le marché ne baisse pas forcément de la même façon dans tous ses segments. Dès lors, dans les périodes de baisse, si certaines opportunités se présentent, on peut aussi se risquer à acheter quelques actions bien ciblées.
F.S.