Depuis cette année, vous pouvez verser jusqu’à 1 230 euros dans les fonds ou les assurances-vie d’épargne-pension. Mais l’ancien plafond de 960 euros reste valable et offre une réduction fiscale plus élevée (30 %) qu’en cas d’application du nouveau plafond (25 %). C’est à l’épargnant de décider, mais en tout cas, gare au fameux « piège fiscal » !

Depuis cette année, l’épargne-pension comporte un nouveau plafond fiscal. Auparavant, on pouvait placer maximum 960 euros (montant applicable en 2018) dans le troisième pilier des pensions. Désormais, un plafond supplémentaire de 1 230 euros est instauré. Attention, l’autre plafond (960 euros) n’est néanmoins pas abrogé : pour les versements inférieurs ou égaux à ce montant, la réduction d’impôt sera de 30 %. Tandis que pour ceux qui placeront plus de 960 euros et jusqu’à 1 230 euros, l’avantage fiscal sera calculé au taux de 25 %.

Un placement fiscal ?

Il s’agira pour les particuliers d’être attentifs, car s’ils décident d’investir plus de 960 euros dans leur épargne-pension, ils auront intérêt à y placer plus de 1 152 euros. Car ce montant-là donnera droit à une réduction d’impôt de 25 %, c’est-à-dire 288 euros, soit exactement le même montant qu’on obtiendrait en limitant le versement à 960 euros puisque, dans ce cas, le taux de calcul est de 30 %. Ceux qui verseront plus de 960 euros, mais moins de 1 152 euros seront perdants sur le plan fiscal puisque leur réduction d’impôt sera plus faible qu’en cas de versement de 960 euros. Y investir plus est évidemment possible, mais sans gain fiscal.

Le plus étonnant est que le gouvernement a apparemment compté sur le fait que certains épargnants tomberaient dans cette sorte de « piège fiscal », car la mesure a été inscrite comme neutre dans le budget de l’État, ce qui signifie que les réductions fiscales supplémentaires liées au nouveau plafond de 1 230 euros devraient être compensées par les baisses de réductions d’impôts de ceux qui verseraient plus de 960 euros, mais moins de 1 152 euros… Il appartient donc au particulier de ne pas se retrouver dans ce dernier cas, au risque de subir un manque à gagner en matière d’impôts.

On veillera donc à verser soit jusqu’à 960 euros maximum, soit à verser plus de 1 152 euros et jusqu’à 1 230 euros. On remarquera toutefois que, dans cette dernière situation, le rendement fiscal de l’épargne-pension sera toujours moindre,
étant donné que la réduction d’impôt sera calculée au taux de 25 % et non au taux de 30 % applicable à l’ancien plafond (960 euros). Mais si l’on estime qu’il vaut mieux mettre le plus d’argent possible de côté pour plus tard, quitte à obtenir un avantage fiscal relativement moins généreux, pourquoi pas ?

Épargne ou assurance ?

Précisons que tous les montants cités ici sont ceux qui sont valables pour l’année des revenus et dépenses de 2018, qui devront être mentionnés dans la déclaration fiscale à rentrer en principe à la fin du mois de juin 2019, autrement dit, pour l’exercice d’imposition 2019. Compte tenu de l’inflation de cette année, ces montants sont appelés à évoluer l’an prochain, mais il faudra attendre la fin de 2018 pour savoir jusqu’à quel plafond vous pourrez investir dans l’épargne-pension en 2019 (pour l’exercice d’imposition 2020). Nous ne manquerons pas de vous en tenir informés.

Lorsqu’on investit dans le troisième pilier des pensions, on a le choix entre des fonds d’épargne-pension et des assurances-vie d’épargne-pension. Les fonds vous offrent l’avantage de profiter de la progression des cours des différents actifs cotés en Bourse, tels que les actions et les obligations. Mais ce choix comporte évidemment aussi le risque de s’exposer aux possibles baisses boursières qui ne manqueront pas de survenir, la vie des marchés financiers étant faite de hauts et de bas. Mais par définition, l’épargne-pension est conçue comme un investissement de (très) long terme : si on s’y met suffisamment tôt, l’horizon d’investissement est à 30 à 40 ans. Dans ce cas, l’histoire des marchés boursiers a toujours démontré qu’un investissement dans des actifs cotés offrait le meilleur des rendements. Les fonds d’épargne-pension offrent en outre l’avantage d’être diversifiés et gérés activement, ce qui limite le risque de lourdes pertes.

Mais pour l’épargnant qui a une aversion au risque, il est aussi possible d’opter pour une épargne-pension sous la forme d’une assurance-vie de la branche 21, assortie d’un taux d’intérêt garanti et d’une protection du capital. La plupart des contrats d’épargne-pension en assurance-vie entrent dans cette catégorie. Mais compte tenu de la faiblesse persistante des taux d’intérêt, les épargnants se tournent de plus en plus vers la branche 23, où le capital et le rendement de l’assurance-vie sont liés à des titres cotés en Bourse. Ces assurances-vie permettent en principe de dégager des rendements supérieurs, mais ils exposent aussi aux variations des marchés financiers.
Enfin, précisons qu’en échange de l’avantage fiscal de l’épargne-pension, l’État prélèvera 8 % du capital lors du soixantième anniversaire de l’épargnant.