Le Port de Bruxelles effectue depuis quelques années une mue spectaculaire. Rencontre avec Philippe Matthis, son directeur général adjoint.

Philippe Matthis : « Le Port de Bruxelles, ce sont chaque année 680 000 camions en moins sur la route » © Port de Bruxelles

C’est un record absolu que le Port de Bruxelles a enregistré en 2018, avec un trafic global en hausse de 5,2% pour 7,3 millions de tonnes transportées. Les matériaux de construction restent, et de loin, le secteur prépondérant dans les trafics portuaires bruxellois, avec un peu plus de 60% des échanges, suivis des produits pétroliers (23%). Les conteneurs arrivent en troisième position et établissent un nouveau record absolu avec 37 000 « boites » transportées en 2018, un chiffre qui augmente spectaculairement d’année en année.

« Les impacts positifs du trafic par la voie d’eau sont très importants puisque les tonnages de l’année 2018 représentent une économie de près de 680 000 camions, 106 000 tonnes de CO2, et 27 millions d’euros en coûts externes », relève Philippe Matthis, directeur général adjoint du Port.

Pour continuer à dynamiser l’activité portuaire, Philippe Matthis et ses équipes ont entrepris récemment de pratiquer un relevé pluriannuel (5 ans) des chantiers de construction à venir dans un périmètre de 2 kilomètres autour de la zone portuaire. « Les terres de chantiers sont traditionnellement excavées par camion, alors qu’elles sont typiquement un matériau à transporter sur l’eau. En 2018, on a pu de la sorte récupérer 828 000 tonnes de terres. Mais le potentiel est beaucoup plus important. Si nous avons connaissance des chantiers bien en amont, nous pouvons convaincre les entrepreneurs d’organiser leur logistique en ce sens ».

Dans le domaine de la construction, outre les terres excavées, un autre axe de progression est le trafic par palettes (14 000 en 2018). « Le fait d’avoir maintenant deux centres de transbordement urbain opérationnels conforte cette activité qui consiste à amener les marchandises directement au cœur de la ville », confirme Philippe Matthis.

Montrer soi-même l’exemple

Comme acteur économique permettant l’économie annuelle de quelque 100 000 tonnes de CO2, le Port de Bruxelles a également à cœur de « montrer l’exemple ». Pour le nouveau terminal à passagers du Port de Bruxelles, le Brussels Cruise Terminal, opérationnel depuis le mois d’avril 2018, la plupart des matériaux ont été amenés par voie d’eau.

Idem pour le Village de la construction, complexe d’entrepôts dédiés au commerce des matériaux de construction en rive gauche du bassin Vergote : l’approvisionnement et l’évacuation du chantier ont été assurés par voie d’eau.

Plus récemment, c’est le tablier de la nouvelle passerelle Gosselies qui a fait l’objet d’un transport par péniche, évitant de la sorte un transport exceptionnel par route. Cette passerelle est installée depuis début avril 2019 au-dessus du canal à hauteur de la rue Gosselies à Molenbeek-Saint-Jean.

Une entreprise neutre en CO2

Le Port de Bruxelles est reconnu depuis fin 2018 « entreprise neutre en CO2 », devenant ainsi le premier Port belge à obtenir ce label. Celui-ci couvre l’ensemble des 29 bâtiments dans lesquels œuvre le personnel du Port : le siège social place des Armateurs, la capitainerie à l’avant-port, les ponts mobiles de Buda et des Hospices et les écluses de Molenbeek et d’Anderlecht, ainsi que l’ensemble des véhicules.

Ce label de neutralité CO2 a été obtenu après l’élaboration d’un bilan des émissions de gaz à effet de serre, qui a permis de chiffrer précisément les émissions produites par le Port dans ses propres infrastructures. Le Port a ensuite mis en œuvre un plan d’action visant à réduire ces émissions : installation de 130 panneaux photovoltaïques sur ses bâtiments, travaux d’isolation, réduction et modernisation de son parc automobile par l’acquisition de véhicules électriques et hybrides, etc.

« Pour l’instant, certaines émissions incompressibles, comme celles liées au chauffage des bâtiments par exemple, sont encore compensées via des mécanismes de finance carbone », détaille Philippe Matthis. Mais nous continuons à travailler dans le sens d’une neutralité complète pour nos propres infrastructures. L’idée est, à l’horizon 2040, d’être complètement neutre en CO2 non seulement pour nos installations, mais aussi pour celles de tous nos concessionnaires ! ».

Bref, ce ne sont pas les projets qui manquent pour une Région qui se doit d’exploiter sa voie d’eau à sa juste valeur.

Port de Bruxelles

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© Le Port de Bruxelles

Le Port de Bruxelles, c’est…

2 écluses

5 heures de navigation entre Anvers et Bruxelles

7,3 millions de tonnes transportées en 2018

14 kilomètres de voie d’eau

107 hectares

200 entreprises sur le domaine portuaire

2 000 camions évités chaque jour

12 000 emplois directs et indirects

106 000 tonnes de CO2 évitées chaque année