Finances

140 000 camions belges et étrangers sillonnent chaque jour nos routes.

Les questions environnementales se sont invitées dans tous les programmes des partis politiques. « Conscientiser chaque citoyen face à son empreinte écologique réelle et le responsabiliser en conséquence semble tout à fait honorable », reconnaît Michaël Reul, Secrétaire Général de l’Union Professionnelle du Transport et de la Logistique, qui regrette ce qu’il nomme « la kermesse aux bonnes idées » à laquelle on assiste durant la présente campagne électorale.

Un exemple ? Michaël Reul épingle notamment l’idée, émise durant la campagne, qui consiste à supprimer le diesel professionnel au motif que les transporteurs étrangers ont pu bénéficier de remboursements d’accises à hauteur de 165 millions d’euros. « Un petit calcul démontre pourtant combien il faut se méfier des idées simplistes : avec plus d’un milliard de litres de diesel professionnel par an, les camions étrangers laissent une marge nette de plus de 350 millions d’euros d’accises dans les caisses de l’Etat belge … Toucher au diesel professionnel, c’est donc prendre le risque de se priver des accises que payent les transporteurs étrangers qui font massivement le plein en Belgique. Sans compter qu’avec une suppression du diesel professionnel, il ne fait aucun doute que les transporteurs belges iront eux aussi faire leur plein ailleurs ».

© UPTR

La mobilité liée aux enjeux environnementaux

D’une manière plus générale, c’est l’enjeu de la mobilité qui prime pour l’UPTR. Les questions de mobilité sont d’ailleurs intimement liées aux enjeux environnementaux.

La politique visant à ralentir la vitesse moyenne des véhicules est doublement contre-productive. D’un point de vue économique, d’une part, puisqu’un camion belge à l’arrêt dans une file représente un coût financier de 80 euros de l’heure. D’un point de vue environnemental, d’autre part, puisqu’un camion pourra consommer jusqu’à 10 fois plus, si la congestion du trafic implique des arrêts très fréquents. « Comment comprendre dans ces conditions que l’élargissement du ring de Bruxelles ne soit pas encore finalisé ? », s’interroge Michaël Reul.

Dans le cahier de revendications de l’UPTR figure par ailleurs encore et toujours le bouclage de certains « chainons manquants », tels que la liaison Cerexhe-Beaufays ou la liaison E19 / E 429 à Hal. « Pourquoi devrions-nous nous satisfaire, en plein cœur de la Wallonie logistique, de voir une autoroute existante (la A 601 à Herstal) ne servir que de décor de film ? Nous ne sommes pas honteux de continuer à préconiser le bouclage du Ring (sud) de Bruxelles ! »

L’arrivée de nouveaux carburants

En 10 ans, le nombre de voitures immatriculées en Belgique a augmenté de 15% pour atteindre presque 5,8 millions d’unités. Cette croissance est supérieure à celle de la population (6,65% sur 10 ans). Si on compare le nombre de voitures par rapport au nombre d’habitants en âge de conduire, il y a désormais 1,56 voiture par habitant majeur (contre 1,67 en 2008). Autrement dit, il y a 2 voitures immatriculées pour 3 personnes en âge de conduire.

Ces chiffres se traduisent assez logiquement dans les consommations de carburant : entre 2013 et 2018, en Belgique, alors que la consommation de diesel est restée stable (à huit milliards de litres), la consommation annuelle d’essence a augmenté de 41 %, passant de 1,6 milliards à 2,3 milliards de litres … Rappelons que, par kilomètre parcouru, l’essence émet plus de CO2 que le diesel.

Ce qui fait dire à Michaël Reul que « les 140.000 camions belges et étrangers qui sillonnent quotidiennement les routes belges ne sont donc pas les principaux responsables des problèmes grandissants de congestion que certains voudraient bien leur mettre sur le dos ! Les transporteurs professionnels sont encore moins responsables des problèmes liés à la pollution atmosphérique et à l’émission de particules fines. »

87 % des camions qui circulent sur les routes belges répondent aux dernières normes environnementales (EURO VI : 63 % - EURO V : 24 %). Avec l’arrivée des nouveaux carburants (LNG, CNG, HVO), le bilan environnemental des entreprises professionnelles de transport va encore s’améliorer, estime l’UPTR. Le Gouvernement wallon l’a bien compris en soutenant désormais ces investissements via un ‘incitant environnemental’ destiné à booster les camions aux LNG (Liquid Natural Gaz).

www.uptr.be

Chiffres clés du transport professionnel belge

9.329 entreprises de transport

5.223 employeurs dans le secteur transport et logistique

67.746 ouvriers

34.231 employés

71.357 camions et camionnettes titulaires d’une licence de transport