Nucléaire iranien: la voie diplomatique reste une solution
La voie diplomatique reste une solution dans le dossier du nucléaire iranien, a déclaré samedi à la presse un haut diplomate américain, à l'issue de deux jours de discussions à Istanbul entre les Six et l'Iran, qui ne se sont pas soldées par des avancées.
- Publié le 22-01-2011 à 16h13
- Mis à jour le 22-01-2011 à 19h02

La voie diplomatique reste une solution dans le dossier du nucléaire iranien, a déclaré samedi à la presse un haut diplomate américain, à l'issue de deux jours de discussions à Istanbul entre les Six et l'Iran, qui ne se sont pas soldées par des avancées. "La porte est ouverte. Nous continuons à penser qu'il y a du temps et de la marge pour la diplomatie", a déclaré ce diplomate, qui a requis l'anonymat. "Les sanctions (internationales contre l'Iran) ont clairement eu un impact, et selon la presse il y a des signes d'un ralentissement du programme nucléaire iranien. Donc je pense qu'il y a du temps et de la marge pour la diplomatie", a développé cette source.
Elle faisait vraisemblablement allusion aux effets du virus informatique Stuxnet, destiné à saboter le programme nucléaire iranien, qui selon Israël aurait retardé de plusieurs années l'éventuelle possession par Téhéran de la bombe atomique. Le diplomate s'est réjoui de l'unité du groupe des 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) face aux demandes de l'Iran pour une reconnaissance de son droit à enrichir de l'uranium et une levée des sanctions internationales.
"Leur tactique était de diviser le groupe pour voir s'ils pourraient extraire ces conditions préalables (...) Si tel était leur calcul, ils se sont trompés car j'ai vu un groupe des 5+1 plus uni que jamais", a-t-il dit, affichant l'espoir "que les Iraniens vont se recalibrer et se montrer plus ouverts à la diplomatie". Les discussions d'Istanbul se sont achevées sur un échec, et aucune réunion nouvelle n'est prévue dans ce dossier hypersensible. La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, intermédiaire des grandes puissances sur le nucléaire iranien, s'est dite "déçue" des conclusions des discussions qui ont eu lieu pendant ces deux jours.
Le négociateur en chef iranien, Said Jalili, a pour sa part réaffirmé le droit de son pays de poursuivre l'enrichissement d'uranium, qui selon les Occidentaux, pourrait permettre à l'Iran de progresser dans la mise au point de l'arme atomique.
L'Iran a "tout bloqué", estime Alliot-Marie L'Iran, en posant des conditions préalables "totalement inacceptables" lors des discussions multilatérales à Istanbul sur son programme nucléaire, a "tout bloqué", a dénoncé samedi à Amman la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie. "Il est très vite apparu que la partie iranienne posait des conditions préalables qui étaient totalement inacceptables", a déclaré la ministre lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue jordanien Nasser Jawdeh, à Amman. "Elles concernaient la levée des sanctions et le droit à l'enrichissement (d'uranium). Ceci a tout bloqué", a-t-elle ajouté, en estimant toutefois qu'il était encore possible "de trouver une solution diplomatique". "Nous regrettons l'attitude de la délégation iranienne. Cette attitude a rendu impossible toute discussion sur des mesures concrètes pour avancer vers l'avenir", a-t-elle poursuivi. "Nous restons déterminés à essayer de trouver une solution diplomatique et c'est aux Iraniens qu'il revient le choix du dialogue", a-t-elle souligné en menaçant à défaut d'un "renforcement des sanctions si on n'avance pas". Les discussions d'Istanbul sur le nucléaire iranien, entre l'Iran et les grandes puissances qui craignent que Téhéran ne se dote de l'arme atomique, se sont achevées sur un échec samedi, et aucune réunion nouvelle n'est prévue dans ce dossier hypersensible.
