Barak Obama tend la main au monde arabe
Barak Obama s'est exprimé dans un discours consacré à la politique américaine à l'égard du monde arabe. Il s'est positionné en faveur d'un État palestinien démilitarisé dans les frontières de 1967, sans toutefois évoquer les sensibles questions de Jérusalem et des réfugiés.
- Publié le 19-05-2011 à 18h28
- Mis à jour le 19-05-2011 à 22h19

Barak Obama s'est exprimé dans un discours sur la situation au Moyen Orient, tant sur l'impact des révolutions en Afrique du Nord et au Moyen Orient que sur la situation en Afghanistan, au lendemain de l'élimination du chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden. Le président américain s'est réjoui des changements dans le monde arabe, six mois après leurs débuts, en Tunisie: "En Afrique du nord et au Moyen Orient, les gens ont pris en main leur avenir." Son pays sera d'ailleurs présent "pour soutenir les réformes démocratiques", et "la société civile".
Dans ce discours très attendu, six mois après le début d'une vague de révoltes arabes, M. Obama a aussi promis un changement d'approche des Etats-Unis envers la région.
Désireux de favoriser les échanges commerciaux, Barak Obama a annoncé une aide de un milliard de dollar à l'Égypte. La Tunisie et l'Egypte bénéficieront d'un programme d'aide qui consistera, entre autres, à récupérer les avoirs dérobés par leurs anciens dirigeants. Plaçant son administration du côté des manifestants, il a promis une aide économique aux pays s'engageant vers la démocratie, sur le modèle de l'assistance à la reconstruction de l'Europe de l'Est après la chute du Rideau de fer.
M. Obama s'en est aussi pris au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et au président syrien Bachar al-Assad, tous deux auteurs de répressions sanglantes contre leurs peuples: "le président Assad est maintenant face à un choix. Il peut diriger la transition, ou s'écarter", a prévenu le président.
Le dirigeant américain n'a pas pour autant ménagé ses alliés: à Bahreïn, un pays stratégique pour Washington, il a réclamé un "vrai dialogue" entre le pouvoir et l'opposition. Il a aussi exhorté le président yéménite Ali Abdallah Saleh à respecter ses engagements concernant la transition du pouvoir.
M. Obama a établi un lien entre les révoltes agitant le monde arabe et le long conflit israélo-palestinie, assurant qu'"au moment où les habitants du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord se débarrassent des fardeaux du passé, les efforts pour parvenir à une paix durable (...) sont plus urgents que jamais".
Obama s'est ensuite exprimé sur l'avancement du processus de paix entre Israël et Palestine. Selon lui, "le statut quo n'est plus tenable."
"Les frontières d'Israël et de la Palestine devraient être fondées sur les lignes de 1967 avec des échanges sur lesquels les deux parties seraient d'accord, afin d'établir des frontières sûres et reconnues pour les deux Etats", a déclaré M. Obama, dans un discours sur le Moyen-Orient au département d'Etat.
"Le retrait complet et graduel des forces militaires israéliennes devrait être coordonné dans l'idée d'une responsabilité de la sécurité palestinienne dans un Etat souverain et non-militarisé", a encore dit le président des Etats-Unis.
"Il faudra se mettre d'accord sur la durée de cette période de transition, et l'efficacité des accords de sécurité devra être démontrée", a-t-il ajouté.
Appréciant le "message de paix de Barak Obama", Israël a toutefois écarté d'un revers de main tout retrait aux frontières de juin 1967, via son Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il a exclu que des "centres majeurs de population israélienne en Judée-Samarie (Cisjordanie) se retrouvent de l'autre côté de la frontière" entre Israël et un futur Etat palestinien, en référence aux principaux blocs de colonies juives en Cisjordanie.
Obama s'est élevé contre les efforts que pourraient engager les palestiniens pour isoler Israël lors de la prochaine assemblée générale de l'ONU, en septembre. Pour les Palestiniens, des efforts visant à priver Israël de sa légitimité tourneront à l'échec. Les actes symboliques destinés à isoler Israël aux Nations unies en septembre ne créeront pas un État indépendant", a-t-il dit.
Le gouvernement de Mahmoud Abbas (Fatah) vise en effet à mettre au vote la reconnaissance d'un État palestinien.
Alors que le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas ont engagé une réconciliation, M. Obama a prévenu que "les Palestiniens ne parviendront pas à l'indépendance en niant le droit d'Israël à exister".
Barak Obama aura soigneusement éviter de se prononcer sur les délicates questions de Jérusalem et des réfugiés, jouant un rôle d'équilibriste...
En septembre 2010, c'est Obama qui avait fait naître l'espoir d'un État palestinien "dans un an" à l'ONU. Le discours d'aujourd'hui souligne une certaine déperdition de crédibilité…
Le leader palestinien Mahmoud Abbas a appelé la direction palestinienne à "une réunion d'urgence", à la suite du discours du président américain Barack Obama, a annoncé le négociateur palestinien Saëb Erakat. Ce dernier a appelé Israël à "donner à la paix la chance qu'elle mérite".
"Nous sommes engagés à tous les accords signés et les références du processus de paix (...) et nous espérons qu'Israël fera de même pour donner au processus de paix la chance qu'il mérite", a indiqué le négociateur palestinien Saëb Erakat. "Le président Abbas a décidé d'appeler la direction palestinienne à une réunion urgente dès que possible et de consulter nos frères arabes pour discuter du discours du président Barack Obama", a par ailleurs ajouté M. Erakat.
"Les frontières d'Israël et de la Palestine devraient être fondées sur les lignes de 1967 avec des échanges sur lesquels les deux parties seraient d'accord, afin d'établir des frontières sûres et reconnues pour les deux États", a déclaré M. Obama.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas a appelé jeudi le président américain Barack Obama à "des actes concrets pour protéger les droits des Palestiniens et de la nation arabe" et à "ne pas ajouter des slogans".
Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas à Gaza, a en outre rejeté les appels du président américain à reprendre les négociations de paix et à reconnaître Israël.
"Nous affirmons que la réconciliation palestinienne est une affaire interne palestinienne, que les négociations ont démontré leur absurdité et que le Hamas ne reconnaîtra pas l'occupation (d'Israël, NDLR) de quelque manière que ce soit", a ajouté le responsable du Hamas, jugeant qu'il n'y avait "rien de nouveau dedans (dans ce discours, NDLR)".
Barak Obama s'est également exprimé sur la situation en Afghanistan, au lendemain de l'élimination d'Oussama ben Laden. "En juillet, nous allons commencer à rapatrier nos soldats d'Afghanistan", a-t-il commencé par déclarer. Cela n'est sans nul doute à relier au coup dur porté à Al-Qaïda, la mort d'Oussama Ben Laden.
"Ben Laden a choisi de rejeter la démocratie. Il s'est concentré sur ce qu'il pouvait détruire". Les Arabes voient l'extrémisme d'Al-Qaïda comme "une impasse", a affirmé le président américain Barack Obama. Ben Laden est "un meurtrier de masse", et dès avant sa mort, son réseau "perdait sa lutte... car l'immense majorité des gens ont vu que le massacre d'innocents ne répondait pas à leur quête d'une vie meilleure", a déclaré le président américain.
Israël approuve 1.520 nouveaux logements à Jérusalem-Est Une commission gouvernementale israélienne a approuvé jeudi la construction de 1.520 nouveaux logements dans deux quartiers de colonisation juive à Jérusalem-Est occupée et annexée, a déclaré à l'AFP une ONG anticolonisation. Cette annonce survient au moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'apprête à partir en fin de soirée pour une importante visite aux Etats-Unis. Selon une porte-parole de l'association israélienne Ir Amim, la commission de planification du ministère de l'Intérieur a donné son feu vert définitif à la construction de 620 logements dans le quartier de colonisation de Pisgat Zeev et de 900 autres à Har Homa, près de la ville palestinienne de Bethléem (Cisjordanie). M. Netanyahu avait ordonné à plusieurs reprises le report de réunions consacrées à des projets de colonisation à Jérusalem-Est avant des visites dans des capitales européennes. Le chef du gouvernement israélien doit partir jeudi soir pour Washington où il prononcera mardi un discours attendu devant le Congrès. M. Netanyahu sera reçu dès vendredi par le président américain. L'annonce considérée comme "malheureuse" d'un projet de colonisation en pleine visite à Jérusalem du vice-président américain Joe Biden en mars 2010 avait déclenché un tollé international. Depuis la conquête en juin 1967 de Jérusalem-Est à majorité arabe (270.000 Palestiniens), Israël y a construit une douzaine de quartiers de colonisation, où vivent plus de 200.000 Israéliens, et a proclamé l'ensemble de la ville sa capitale "éternelle et indivisible". Cette annexion n'a jamais été reconnue par la communauté internationale, qui considère le secteur oriental de Jérusalem comme un territoire occupé. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.
