Comment Bouchez veut relancer le MR en vue des élections de mai 2019
Le délégué général du MR Georges-Louis Bouchez veut ouvrir les listes électorales aux jeunes en vue de mai 2019. Il propose un quota de 30 % de néo-candidats sur les listes MR. Voici comment.

- Publié le 23-10-2018 à 06h52
- Mis à jour le 23-10-2018 à 11h37

Le délégué général du MR veut ouvrir les listes électorales aux jeunes en vue de mai 2019.Les libéraux voient venir les élections de mai 2019 avec angoisse. Le 14 octobre, les responsables du MR ont bien senti qu'ils étaient menacés : les résultats aux communales n'étaient pas mirifiques. En particulier à Bruxelles, où les réformateurs semblent en décalage avec la nouvelle sociologie de la Région-Capitale. Les deux derniers bourgmestres libéraux en Région bruxelloise - Boris Dilliès (Uccle) et Vincent De Wolf (Etterbeek) - ont appelé la semaine dernière à revoir le programme du MR dans un sens plus environnementaliste et plus social.
Mais ils ne prennent pas le problème par le bon bout, estime Georges-Louis Bouchez, le délégué général du MR et patron des libéraux montois. "Il est inadéquat que certains pointent tantôt Didier Reynders, tantôt le parti, tantôt la présence du MR au fédéral comme responsables de leur défaite électorale. Non, pour les communales, les responsables, ce sont les chefs de file locaux du parti. Les libéraux qui ont perdu, ce sont ceux qui n'ont pas assez marqué leur différence vis-à-vis des autres formations. Mais cela demande d'avoir du courage politique."
"Le vote Écolo est un effet de mode"
Pour tenter de relancer le parti, Bouchez a une idée : il propose que le MR intègre obligatoirement 30 % de nouveaux candidats sur ses listes électorales en vue des régionales, des fédérales et des européennes de l'année prochaine. "C'est fondamental. Ce sera l'une des clefs pour mai 2019, explique-t-il. Le vote des jeunes semble être allé surtout à Écolo qui a bénéficié d'un effet de mode et qui reste considéré, que ce soit justifié ou pas, comme un parti refuge pour ceux qui ne veulent pas voter pour les formations traditionnelles. Certains au MR disent que l'on doit davantage parler de tel ou tel thème mais on a déjà dans notre programme abordé les grandes questions de société : mobilité, environnement, etc. Ce qu'il est urgent de faire, c'est de renouveler les candidats."
Georges-Louis Bouchez cite en exemple sa récente expérience électorale dans la cité du Doudou. Sa liste baptisée "Mons en mieux" a progressé et il est persuadé que ce résultat est lié, notamment, au choix des candidats. "Mons en mieux a 7 élus sur 11 qui ont moins de 35 ans alors que certains d'entre eux étaient très loin sur la liste. Il y a eu un phénomène d'aspiration. Plus de la moitié des candidats de Mons en mieux étaient sans expérience électorale mais, justement, ils ont dû se battre pour se faire connaître et cela a profité à toute la liste."
Une concurrence très libérale…
En bon libéral, il veut réinjecter un peu de stress dans la composition des équipes qui iront au feu dans sept mois. "Le fait d'intégrer 30 % de nouveaux va aussi remettre de la compétition entre les candidats. Les anciens vont être 'challengés' car la place sur la liste sera octroyée en fonction des mérites. La concurrence est un moteur et correspond à l'état d'esprit des libéraux. Il faut remettre sans cesse l'ouvrage sur le métier."
Aller chercher les ouvriers
Georges-Louis Bouchez estime que le problème du MR est avant tout une question d'image. Faute d'avoir des candidats qui "collent" suffisamment à la sociologie des électeurs, les réformateurs se privent d'un paquet de votes. "Le paradoxe, c'est que le MR a gagné la bataille des idées : les gens sont d'accord pour payer moins d'impôts, sont d'accord pour une politique migratoire responsable. Mais on n'arrive pas à faire passer le message dans certains milieux sociaux, dans certaines catégories d'âge. On doit aller chercher dans les milieux populaires et ouvriers, ces classes sociales abandonnées par le PS. Pour faire tout cela, on a besoin de nouveaux ambassadeurs pour porter notre message. Il faudra aussi aller chercher des gens qui ne sont pas forcément de notre tendance politique mais qui partagent notre projet de société."