La solution de De Wolf pour que le MR bruxellois ne touche pas à nouveau le fond aux élections de 2019

- Publié le 17-10-2018 à 06h34
- Mis à jour le 17-10-2018 à 09h15

Quelle ironie… Le MR bruxellois vient de vivre une défaite électorale cuisante. Des bourgmestres libéraux ont été balayés, des majorités ont été perdues. Pourtant, un homme sort son épingle du jeu : Vincent De Wolf. Après 26 ans de mayorat à Etterbeek, il rempile à l'hôtel de ville pour six années supplémentaires - avec le PS et Écolo. Il se paie même le luxe de maintenir sa liste à un haut niveau (41,46 % des suffrages pour la Liste du bourgmestre, LB). Comme ailleurs, Écolo enregistre une forte progression, mais le MR local a bien mieux résisté qu'ailleurs. Jugé trop mou comme chef de groupe au Parlement bruxellois, régulièrement attaqué "en off" au sein de sa propre formation, ce sont finalement ses recettes politiques qui pourraient sauver les libéraux en mai 2019, lorsqu'il s'agira de renouveler les parlements.
Un groupe de réflexion
Vincent De Wolf veut prendre les devants : sur la base de sa propre expérience à Etterbeek, il va constituer un groupe de réflexion pour que le futur programme régional du MR ne reproduise plus les erreurs du passé. "Il y a moyen, s'enthousiasme-t-il. Il n'y a pas de raison que ce qui marche à Etterbeek ne marche pas ailleurs à Bruxelles pour le MR. Il va falloir aussi remotiver les troupes, on a touché le fond de la piscine, là. Il s'agit de redéfinir un programme plus adapté aux réalités bruxelloises. J'irai voir bientôt Didier Reynders (président du MR bruxellois, NdlR) au sujet de la constitution de ce groupe de réflexion."
Non à la ligne Destexhe/Courtois
Dans quel sens réorienter la ligne politique des libéraux en Région bruxelloise alors ? Alain Destexhe ou encore Alain Courtois avaient appelé à une droitisation du MR. Pour Vincent De Wolf, il faut faire l'inverse. Il n'y a pas l'ombre d'un doute, le salut viendra d'un retour en grâce du libéralisme social. "Pourquoi suis-je le seul libéral qui voit son score augmenter ? J'ai fait 3 984 voix de préférence sur un peu moins de 20 000 votants dans la commune. Je suis atypique au MR, évidemment. Je suis un fils d'ouvrier et on m'a toujours objecté que j'étais à la gauche du parti. Mais je le revendique. Le libéralisme social a été inventé il y a longtemps déjà par Louis Michel et, modestement, par moi. C'est l'un des enseignements de ces élections. Il faut que le MR vienne en aide aux plus démunis, qu'il encourage les gens à progresser socialement. Si notre projet ne reflète pas ces préoccupations, ce sera sans moi pour 2019. Ma conviction est depuis toujours ancrée dans le libéralisme social, il faut créer de la richesse grâce aux entreprises privées et à l'effort individuel et ensuite la partager."
"On est ouvert à l'immigration"
Vincent De Wolf, qui est pressenti comme tête de liste MR pour les élections régionales vu son succès local, livre quelques clefs dont le MR pourrait s'inspirer. "Comme bourgmestre, j'ai par exemple réquisitionné un immeuble de 150 places pour les sans-papiers. Personne d'autre n'avait fait cela avant. À Etterbeek, on a le plus haut taux de crèches, on crée des logements sociaux, des logements moyens, on a créé des services aux personnes handicapées et aux personnes âgées qui n'existaient pas ailleurs. On est ouvert à l'immigration… J'ai été toujours conscient de la réalité sociologique. À Etterbeek, il y a des quartiers dont les habitants connaissent de sérieuses difficultés sociales, des gens qui vivent dans des greniers ou des garages, dans des locaux de 9 m2…"
Pour le bourgmestre d'Etterbeek, la réussite électorale du MR en 2019 dépendra également de l'état d'esprit, du climat positif que les élus et les candidats diffuseront. En résumé, le libéralisme social qu'il voudrait remettre au premier plan invite à rassurer les gens plutôt que de les inquiéter. De même, il s'agit que les libéraux se ménagent des alliés politiques dans les autres formations afin de pouvoir constituer des majorités. "J'ai un contact direct avec la population, c'est la logique d'Etterbeek-village. Je dis la vérité aux gens. Vis-à-vis des autres partis, je respecte toujours ma parole. Vous savez, dans le milieu ouvrier dont je suis issu, ce respect de la parole donnée est très important."
Une gestion "participative"
Au-delà du recentrage politique du MR qu'il souhaite, Vincent De Wolf défend aussi une gestion publique bienveillante et "participative" plutôt que répressive : "Cela fait plusieurs années que nous faisons des réunions le soir avec les habitants, que nous soumettons les travaux publics au vote populaire. À l'administration, lorsque de nouveaux fonctionnaires entrent à la commune, je leur rappelle toujours qu'ils ne sont pas entrés dans le service public mais dans le service au public et que leur mission est d'aider les gens. Cela crée tout un climat. "