Juncker: une sortie de la Grèce serait "gérable", mais pas "souhaitable"
M. Juncker s'en est vertement pris à l'Allemagne, régulièrement critiquée en Europe pour son intransigeance dans la gestion de la crise de la zone euro. la réponse de Nicolas Dupont-Aignan s'est faite cinglante.
- Publié le 07-08-2012 à 18h36
- Mis à jour le 07-08-2012 à 19h29

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a affirmé qu'une sortie de la Grèce de la zone euro serait "gérable", mais pas "souhaitable", dans une interview accordée à la chaîne de télévision allemande WDR. Une telle sortie "serait un processus gérable dans les conditions actuelles", a déclaré M. Juncker au cours de cet entretien dont le contenu a été publié mardi sur le site du gouvernement luxembourgeois.
"Mais il faut ajouter que ce n'est pas une issue souhaitable parce qu'elle comporterait des risques importants, surtout pour les gens modestes en Grèce", a poursuivi le Premier ministre du Luxembourg. Interrogé sur le fait de savoir s'il pouvait catégoriquement exclure cette possibilité, Jean-Claude Juncker a répondu: "dans tous les cas, pas avant l'automne, et pas non plus après".
M. Juncker s'en est vertement pris à l'Allemagne, régulièrement critiquée en Europe pour son intransigeance dans la gestion de la crise de la zone euro. "Les Allemands, beaucoup d'Allemands", ainsi qu'une partie de la presse allemande, "parlent de la Grèce comme si c'était un peuple qu'on peut ne pas respecter. Or, ce n'est pas le cas", a-t-il ajouté. "Nous devons réapprendre à nous aimer", a conclu M. Juncker.
Le ministre allemand de l'Economie Philip Rösler a il y a peu réitéré ses doutes concernant la possibilité pour la Grèce de se maintenir dans la zone euro, ajoutant qu'une sortie de ce pays n'avait, de son point de vue, "plus rien d'effrayant depuis longtemps".
C'est le renvoi de Juncker qui serait "gérable"; lance Nicolas Dupont-Aignan Un député français, Nicolas Dupont-Aignan, s'en est pris mardi au président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker en demandant son renvoi pour "incompétence". "Ce simple adjectif est un aveu d'échec cuisant pour celui qui répète haut et fort depuis trois ans qu'une sortie de la Grèce est inenvisageable", écrit ce président d'un petit parti de droite qu'il a créé, Debout la République, se réclamant du gaullisme. "En plein milieu de l'été, Jean-Claude Juncker confesse que les dirigeants européens sont en train de faire le deuil de l'euro. (...) Mieux vaut tard que jamais... Cependant nous ne pouvons oublier combien de souffrances ces ayatollahs de la monnaie unique ont fait subir aux Grecs et ce qu'ils sont en train d'infliger en ce moment aux Italiens et aux Espagnols", ajoute-t-il dans un communiqué. "Les peuples d'Europe ne méritent pas de subir plus longtemps les atermoiements de ces irresponsables (...) Pour ma part, je juge amplement +gérable+ le renvoi de Jean-Claude Juncker pour incompétence", écrit-il.
