Interdites de faire du vélo, ces Afghanes trouvent une parade
Certains associations proposent aux petites filles de faire du skateboard, une alternative au vélo. D'autres femmes, elles, n'hésitent pas à se montrer au guidon d'un vélo afin d'encourager les femmes à se rebeller.
- Publié le 28-04-2015 à 14h52
- Mis à jour le 28-04-2015 à 16h01

En Afghanistan, il est plutôt rare de voir des femmes se déplacer à vélo. Ce moyen de transport est en effet "réservé aux hommes" et jugé immoral. L'association Skateistan propose donc aux petites filles défavorisées une alternative : faire du skateboard. Ce sport ne leur est, pour l'instant, pas interdit et leur permet surtout de se sentir plus puissantes. Mais l'association ne délaisse pas pour autant les garçons, ceux-ci sont chaudement invités à s'approprier la planche à roulettes. Un bon moyen de leur offrir un petit moment de bonheur avant qu'ils ne retournent travailler dans la rue. Touchée par ces scènes émouvantes, Jessica Fulford-Dobson, photographe, a d'ailleurs immortalisé ces moments de partage (cliquez ici pour d'autres photos).

Un courage exceptionnel
Si certaines préfèrent se tourner vers un autre sport que le vélo pour éviter tout ennui, d'autres comptent bel et bien braver les interdictions afin de s'émanciper. "Les femmes qui font du vélo ne sont pas différentes des autres Afghanes qui risquent leur vie pour aller à l'école ou pour se présenter au Parlement. Elles savent que le seul moyen de contester et de briser le tabou, c'est que les autres femmes les voient faire", raconte Shannon Galpin. Cette Américaine, admirative du courage des Afghanes a d'ailleurs décidé de réaliser un documentaire les mettant en scène. "Dans les zones les plus libérales du pays, je croise souvent des femmes qui replient leur voile sous leur casque en faisant du vélo dans les montages", ajoute-t-elle.
Dans ce pays, la situation est doucement en train de s'améliorer étant donné que des clubs féminins de cyclisme ont pu être formés après avoir reçu des dérogations spéciales. Mais ce moyen de transport est encore loin d'être utilisé par les Afghanes qui ont toujours peur de se faire prendre en flagrant délit.
