La Rasante sort des limbes

Impossible, à la simple évocation du mot Rasante, de ne pas fredonner le célèbre refrain d'Aznavour : "Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître". .. Car c'est vrai, ceux qui n'ont pas un quart de siècle environ ne peuvent se souvenir que dans les années 80 et jusqu'en 1990 précisément, date de son dernier titre, la Rasante faisait partie des ténors du hockey belge. Mieux même : l'équipe qui fut championne en 1990 fut l'une des plus belles qu'il nous a été donné de voir à l'œuvre, en 32 ans de hockey...

Jean-François Jourdain

Impossible, à la simple évocation du mot Rasante, de ne pas fredonner le célèbre refrain d'Aznavour : "Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître". .. Car c'est vrai, ceux qui n'ont pas un quart de siècle environ ne peuvent se souvenir que dans les années 80 et jusqu'en 1990 précisément, date de son dernier titre, la Rasante faisait partie des ténors du hockey belge. Mieux même : l'équipe qui fut championne en 1990 fut l'une des plus belles qu'il nous a été donné de voir à l'œuvre, en 32 ans de hockey...

Mais le temps passe et la Rasante ne s'est jamais remise d'avoir été assassinée sportivement par son président de l'époque. Depuis lors, les terrains de la rue Sombre servent encore de trop-plein à la suite d'une convention passée avec le nouveau propriétaire des lieux, Aspria, mais ils sont dans un état lamentable et dépourvus de vestiaires, voire de simple toilettes !

La Rasante est bien remontée en D1 au début du siècle, mais pour une saison seulement. Il y a deux semaines, grâce à sa victoire en barrage contre la Raquette, elle a obtenu une nouvelle promotion pour l'antichambre de l'élite, et son président Olivier Dautrebande, qui a succédé voici trois ans à Jean Gabriel, veut l'y maintenir la saison prochaine. Ce dernier n'a jamais connu l'époque dorée de la Rasante autrement qu'en consultant des archives, puisqu'il est arrivé au club il y a moins de dix ans. Cet ingénieur qui travailla longtemps dans l'univers de la Formule 1 symbolise la nouvelle génération des hockeyeurs, qui ont découvert ce sport sans y avoir été lancés par leur famille. "J'ai retrouvé des tas de copains que je n'aurais sans doute jamais vus au foot", raconte-t-il. "Je suis foncièrement pour l'ouverture de ce sport aux non-hockeyeurs."

Quand la Rasante se scinda en 1991, il restait 70 membres. Aujourd'hui ils sont 800 et une attention toute particulière est accordée aux jeunes, sous l'impulsion de la famille Van Rysselberghe : Catherine a repris l'école des jeunes et ses trois fils coachent une équipe d'âge. "Je pense qu'il faut deux choses dans un club de hockey : une pyramide des âges correcte, sans trous, et quelques équipes d'adultes pour faire vivre le club financièrement. La commune voit notre progression d'un bon œil et le bourgmestre Maingain était d'ailleurs là lors du match décisif contre le White Star lors de l'avant-dernière journée. Mais nous recevons au total très peu de subsides." Cela n'a pas empêché le club de construire un nouveau club house en bord de terrain, au stade Fallon. "C'est clairement sur ce site que nous misons. J'essaie de faire en sorte que le club ne dépende pas uniquement des aléas du bénévolat. Le but est de se stabiliser en D1 et de construire là-dessus. La DH, c'est encore très loin. Nous travaillons beaucoup sur l'école des jeunes de manière à ce que chaque jeune Rasantais ait une filière : l'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs." (Forcément d'ailleurs, puisque le vert est la couleur du club, NdlR.)

Construite autour de l'ancien international Patrice Houssein et avec le retour d'un autre ancien de la maison, Xavier De Scheemaekere, l'équipe coachée par Pierre Pissart - qui sera confirmé à son poste la saison prochaine - comporte 75 % de joueurs du cru. "On veut se renforcer avec 3 ou 4 nouveaux joueurs. Il est clair que l'affaire rocambolesque qui nous a privés de notre titre pourtant proclamé et nous a obligés à jouer des barrages nous a fait perdre du temps, et que le nom Rasante ne dit plus grand-chose aux jeunes, mais l'important est que le projet sportif tienne la route. Quelque chose est en train de bouger : à Wavre, pour le barrage retour, il y avait plus de supporters de la Rasante que de la Raquette !" Le but est donc de remettre la Rasante sur la carte du hockey belge. Et ça a l'air bien parti cette fois...

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